Valensole 65 – nouveau film

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L’histoire incroyable de Maurice Masse au cinéma.

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14 octobre 2022

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Le film Valensole 65, revenant sur l’histoire de Maurice Masse dans le village de Valensole, est actuellement en tournage dans le département. Retour sur cet événement, rencontre avec les acteurs et le réalisateur.
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À Valensole, à défaut d’avoir connu Maurice Masse, tout le monde connaît son histoire. Au petit matin du 1er juillet 1965, cet agriculteur de Valensole fait une curieuse rencontre qui va marquer sa vie. Il entend un sifflement, aperçoit deux personnages de petite taille à la tête surdimensionnée portant une sorte de combinaison, un drôle d’engin posé sur des pattes. Maurice Masse n’aura pas le temps de s’approcher plus, l’un des personnages tend le bras vers lui ce qui le paralyse pendant une quinzaine de minutes. Puis tout est fini. Enfin… tout commence plutôt. Gendarme, armée, médias… Maurice Masse est assailli de questions, lui qui voulait seulement raconter l’histoire à son meilleur ami. La presse vient des quatre coins du monde pour avoir un scoop. L’enquête révèle des traces, des sillons. Les théories les plus rocambolesques pleuvent et face à cette affaire, Maurice Masse s’est peu à peu muré dans le silence. La « rencontre de Valensole » reste pour les ufologues l’un des plus célèbres cas français de rencontre du 3ème type qui laisse aujourd’hui encore bien des questions en suspens. Avec Valensole 65, Dominique Filhol – déjà réalisateur de documentaire sur la question des ovnis, notamment Ovnis, une affaire d’Etats – souhaite revenir sur cette affaire, mais aussi et surtout raconter l’histoire aussi incroyable que difficile de Maurice Masse, cet agriculteur témoin d’un fait dont tout le monde a douté et doute encore aujourd’hui./


Tournage du film Valensole 65 avec les acteurs Vahina Giocante et Matthias Van Khache
Photo : de gauche à droite Dominique Filhol, Virginie Lacombe, Darrell Lee Hall, Steve René, Sasha Gravat, Vahina Giocante, Matthias Van Khache, sur le lieu du tournage.

Entretien avec Dominique Filhol, réalisateur du film “Valensole 65” et passionné d’ufologie

Pourquoi avoir eu cette envie de réaliser un film sur l’histoire de Maurice Masse ? En 2019, j’ai fait un documentaire qui s’appelle “Ovni, une affaire d’État”, suite aux révélations qui ont été faites par le Pentagone en 2017 avec des vidéos d’ovnis filmés par des avions de chasse américains qui ont été dévoilés ainsi qu’un programme secret. En fait aux États-Unis, depuis 2017, on parle de plus en plus ouvertement des ovnis, ce n’est plus un sujet tabou. J’ai voulu faire un documentaire là-dessus et évidemment ne pas parler que de ce qui se passait aux USA, mais aussi en France. On a un organisme officiel qui dépend du Centre National d’Études Spatiales, qui s’appelle le GEPAN. Ils font des enquêtes sur les ovnis, classent les différents témoignages… Parmi les grosses affaires françaises, il y a Valensole. Un cas très particulier parce que le témoin est quelqu’un de tout à fait crédible, parce qu’il y a eu des traces, une enquête à l’époque par la gendarmerie et même d’après ce que j’ai su une enquête de l’armée et des douanes… mais on n’a jamais pu mettre la main sur les rapports d’enquête.
En venant et en rencontrant les gens à Valensole pour mon documentaire, j’ai été touché par le village, l’ambiance, la beauté du Plateau… et par la manière dont ça avait impacté les gens. J’ai compris que Maurice avait vécu des choses assez difficiles parce qu’il n’a jamais voulu avoir cette notoriété soudaine qui lui est tombée dessus avec les journalistes qui venaient frapper à sa porte, les spécialistes des ovnis… ça l’a suivi jusqu’à la fin de sa vie. Ce qui est fou c’est qu’il aurait pu dire “mais non, c’était un canular” et on lui aurait foutu la paix, mais il n’est jamais revenu sur cette histoire. C’est bien qu’il a vraiment vécu quelque chose. J’en suis sûr.

Vous avez immédiatement voulu porter cette histoire en film au cinéma ? On en a parlé dans le documentaire, il y a 7/8 minutes sur Valensole. Ensuite, j’ai pensé en faire un court-métrage… et c’est devenu un long !

En tant que passionné d’ufologie, quelle est votre opinion sur la question des ovnis ? Je suis persuadé que les ovnis existent. Après, de quelle origine ils sont, est-ce que c’est extraterrestre, est-ce que ce sont des humains du futur, est-ce que c’est une civilisation qui est déjà sur terre depuis longtemps… On peut se poser plein de questions. Mais aujourd’hui, officiellement et unanimement, les ovnis existent et on assiste à des phénomènes qui sont capables d’aller de 0 à 10 000 km/h en 2 secondes alors qu’il n’y a aucune technologie sur terre aujourd’hui capable de faire ce genre de chose. Donc qu’est-ce que c’est, c’est quoi la nature de ces objets, ça vient d’où ? Des histoires comme celle de Maurice, il y en a plein. Beaucoup n’ont jamais osé parler. À Valensole, il s’est passé d’autres choses, mais quand les gens ont vu ce qui était arrivé à Maurice et les ennuis qu’il a eus, ils n’ont pas voulu parler de ce qu’ils avaient vu. Ce que voulait Maurice au départ d’ailleurs, parce qu’il en a parlé à son meilleur ami Dédé, patron du café des sports, mais il voulait que ça reste juste entre eux. Dédé n’a pas pu le garder pour lui tellement c’était extraordinaire. Je pense qu’il n’a pas voulu trahir Maurice, il a eu besoin lui aussi d’en parler, c’est humain…


Tournage du film Valensole 65 avec les acteurs Vahina Giocante et Matthias Van Khache
(Crédit image Lou Faulon)

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Comment avez-vous travaillé sur le scénario du film ? J’ai travaillé avec le scénariste Édouard Blanchot, on s’est beaucoup renseigné sur la vie des paysans de l’époque, des cultivateurs de lavande… J’ai rapidement contacté la famille de Maurice Masse. J’ai parlé avec sa fille et ses petits-enfants qui m’ont raconté des choses. Évidemment, il y a une partie romancée dans le scénario, il y a peut-être certaines choses qu’on exagère. Je ne sais pas si vraiment il a eu une quinzaine de journalistes au pied de sa porte comme on le montre dans le film, mais cette séquence-là illustre le harcèlement de la part de la presse. S’ils n’étaient pas devant sa porte en tout cas, il recevait du courrier, ils le cherchaient dans Valensole pour avoir une interview… pour lui, c’était très difficile.

Avez-vous rencontré d’autres personnalités locales pour vous aider dans la création du film ? Bien sûr, j’ai rencontré plein de gens comme Geneviève, la fille de Dédé Moisson, le patron du café à l’époque et meilleur ami de Maurice. J’ai rencontré des gens qui étaient témoins à l’époque et sont allés sur les traces, des amis de Maurice… un maximum de personnes qui ont connu l’histoire au plus proche.

Comment avez-vous choisi les acteurs ? Je n’avais pas d’idée au départ. Ça s’est fait au fur et à mesure après l’écriture du scénario. Je suis très très content de mes choix, des deux acteurs principaux.

En cours de tournage, quasiment à mi-chemin, êtes-vous content de l’avancement ? Je suis très content de comment ça se passe, c’est assez éprouvant parce que c’est mon premier long-métrage donc évidement, il y a l’envie de faire au mieux, on se met la pression ! J’ai envie que tout le monde soit satisfait du travail qu’on fait. J’ai une équipe incroyable, c’est très important pour moi parce qu’un film, c’est un vrai travail d’équipe pour créer un objet alchimique tous ensemble. Sans cette équipe incroyable, le film ne serait pas comme il est. Je suis ravi.

Bande annonce du film “Valensole 65”

Comment le film est financé, comment a-t-il été présenté en amont ? Au départ, je voulais que mon film soit dans quelque chose de classique et j’ai cherché des producteurs, mais je voulais que ça aille assez vite et le temps des financements est un peu long. Je me suis demandé comment faire pour tourner mon film cet été (c’était en janvier). Comme j’avais déjà réalisé un produit un court-métrage, je me suis dit bon allons-y, c’est juste un gros court-métrage ! J’ai fait une campagne de crowdfunding, j’ai trouvé quelques investisseurs privés, mais je n’avais pas la somme nécessaire pour faire tout le tournage donc il s’est fait en deux fois. C’était important pour moi de faire tous les plans qui se passaient dans les champs de lavande pendant l’été puisque les lavandes sont en fleur. Après ces plans, je me suis dit, on verra, peut-être qu’avec les images, je trouverais des producteurs, l’argent qui manque, etc. Et c’est ce qu’il s’est passé ! Mais ça s’est joué vraiment à pas grand-chose, j’ai eu beaucoup de chance et je suis ravie de travailler avec eux, notamment Virgine Lacombe qui fait partie de la famille de Maurice. C’est une belle histoire aussi. Je suis ravi de travailler avec mes deux co-producteurs, ça m’allège beaucoup. Et m’enlève un stress énorme !

Avez-vous déjà montré des images du film ? Oui, on a commencé à envoyer la bande-annonce à des distributeurs, à des vendeurs internationaux, on a commencé à avoir quelques bons retours de la part des États-Unis. Il n’y a encore rien de signé, mais en tout cas, le film commence à plaire davantage outre-Atlantique qu’en France pour le moment. En plus, il y a une actualité, pour le sujet des ovnis en général, 2023 sera une année où l’on va apprendre des choses, le gouvernement américain doit normalement déclassifier de nouvelles vidéos. La NASA a lancé une grande enquête l’été dernier sur le sujet des ovnis, c’est la première fois qu’elle fait ça, et on aura les résultats l’été prochain, en même temps que la sortie de Valensole, hasard du calendrier ! C’est aussi pour ça que c’était pas mal de précipiter les choses et de ne pas attendre 2 ou 3 ans pour tourner le film.

Pourquoi ce titre, Valensole ? Le titre de Valensole, pour l’instant, il n’est pas définitif, on en parle encore avec les producteurs. On hésite entre Valensole, Valensole 65… mais je trouve que l’histoire, c’est celle de Maurice, mais aussi celle du village de Valensole. Même encore aujourd’hui, tout le monde à Valensole connaît cette histoire, a connu des gens qui ont connu Maurice… On parle souvent de l’extraterrestre de Roswell, c’est une ville aussi… Donc Valensole c’est notre Roswell français ! (Après l’interview, l’équipe a officiellement choisi Valensole 65 comme titre du film).

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Matthias Van Khache, « le plus beau rôle de ma vie »

Matthias est l’acteur principal du film Valensole 65 actuellement en cours de tournage en Haute-Provence. Originaire de Charente, à côté d’Angoulême, il s’est lancé dans la carrière d’acteur dès ses 19 ans. « J’ai rapidement réussi à en vivre et multiplié les tournages entre 20 et 28 ans ». La trentaine est une période plus creuse pour un acteur, « à mi-chemin entre la jeunesse et l’âge adulte ». Un passage à vide de courte durée puisque depuis plusieurs années Matthias enchaîne les tournages, notamment dans le sud de la France. C’est d’ailleurs lors du tournage de La Jeune Fille et La nuit du côté de Nice – adaptation du livre de Guillaume Musso en série diffusée sur France 2 à partir du 17 octobre – que Matthias et Vahina Giocante se retrouvent pour la première fois sur un projet commun. L’actrice, choisie pour incarner Janette dans le film de Dominique Filhol présente Matthias au réalisateur en quête de “son Maurice”. « C’est d’abord une évidence physique pour Dominique, puis on se voit, on parle du rôle, du scénario… ». Ça matche « et je suis très content ! ».

La première partie du tournage se déroule en juillet. « Il y a beaucoup de scènes où je suis seul dans les lavandes. C’est à ce moment-là que je crée vraiment le personnage de Maurice, que je construis cette solitude, m’imprègne de ce bouleversement intérieur énorme. Il a vécu quelque chose de compliqué, mais il n’a pas le choix ». Pour sa préparation, Matthias rencontre la famille de Maurice Masse à Valensole. « Ils m’ont parlé de l’histoire, de la pression médiatique… Ça marque encore profondément la famille », raconte l’acteur. « Avoir l’approbation de la fille et des petits-enfants de Maurice Masse, ça m’a enlevé un gros poids. C’est une sorte de validation, ils m’ont trouvé crédible, je me suis senti porté, soutenu. J’ai envie de m’investir à 100% dans ce rôle pour rendre honneur à Maurice Masse. Ce film, c’est comme un hommage à la famille, c’est rendre justice et honneur à cet homme et c’est le plus beau rôle que l’on m’ait offert ». Matthias croit profondément à l’histoire qu’il met en scène « Maurice Masse n’avait aucun intérêt à raconter une telle bêtise surtout que ça l’a affecté des dizaines d’années, jusqu’à sa mort ». Pour tout cela, il donne le meilleur de lui-même derrière la caméra espérant « qu’ils seront contents du Maurice que je leur offre ».

Installé à proximité du plateau où une scène est en cours de tournage, sans Matthias, il chuchote, souriant sous le soleil de ce début octobre sur le Plateau de Valensole, « c’est le plateau idéal ! ». Le cadre joue beaucoup, mais aussi et surtout la bonne ambiance qui règne pendant ce tournage. « Tout le monde est concentré, mais aussi très cool, on rigole bien, on travaille bien, on est fusionnel avec une vraie implication des acteurs, même dans les processus techniques ce qui est très rare dans le cinéma », termine Matthias Van Khache.


Photo : ©Lou Falon

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Du cinéma en famille… ou presque

Après avoir réalisé les premières scènes du film sur le Plateau de Valensole à ses frais, Dominique Filhol recherche des producteurs pour l’accompagner dans l’aventure. Il se tourne alors vers Virginie Lacombe dont Maurice Masse était le grand-père de ses cousins. « J’ai passé mes étés en vacances à Valensole chez Maurice et Janette avec mes cousins », raconte la productrice. Si au démarrage du projet, elle ne souhaitait pas en faire partie, les premières images du tournage la séduisent. « J’ai trouvé que Dominique avait un grand talent. Je produis le film parce qu’il est bien écrit, sensible et honnête, qu’il met en lumière ce petit village de Provence à l’échelle mondiale ». Avec un tournage déjà en cours, le travail de Virginie se fait un peu en sens inverse. « Pas de préachat possible, maintenant que le film est en tournage, il faut qu’il soit le plus réussi possible pour être bien vendu », explique-t-elle. Le film est 100% financé en fonds privés et l’équipe continue sa quête de financement au fil de l’eau. Virginie Lacombe s’est entourée de Steve René, Ning Ning et Darrell Lee Hall des sociétés de production Noos Production et Sweat Dreams Films. « C’est le premier film français sur un sujet réel sur ce thème ». Un sujet croustillant qui a déjà reçu un écho favorable outre-Atlantique ainsi qu’en Chine. Rendez-vous en salles en 2023…

Manon MATHIEU


Publié par

Jacky Kozan

Fondateur et coordinateur de l'Académie d'Ufologie