Pour qui sont ces ovnis qui surfent sur nos têtes ?

Un article de Claude Lavat, du 18 janvier 2017

(merci Jean Racine, in Andromaque)*

L’homo sapiens sapiens que nous sommes censés être répondra bien évidemment: « c’est pour nous! », ou, pire : « c’est pour MOI! » tant notre anthropocentrisme tous azimuts nous interdit d’envisager que ce phénomène puisse être destiné à « quelqu’un » d’autre !

C’est aussi vouloir ignorer la quasi certitude d’existence d’exobiologie(s) dans d’autres galaxies ou  parmi les « quelques »10 (exp500 ) autres univers que le nôtre.

On peut donc légitimement concevoir que l’apparence d’extrême absurdité (à nos yeux) des manifestations ovniennes soit « simplement due à un degré d’étrangeté, élevé, tel que l’ai proposé dans mon livre et dans un article publié sur le site de l’Académie d’Ufologie.

Ce « degré d’étrangeté » pourrait donc prendre des valeurs bien plus élevées que celles que j’avais initialement envisagées .

Selon   ce scénario, le « degré d’étrangeté » final, par rapport à nous  serait le produit des degrés d’étrangeté concernant les différents biotopes impliqués, pris deux à deux: un nombre vertigineux, un vrai gogol **!

On peut même retenir un degré d’étrangeté de type « réflexif » concernant les manifestations d’ethnies vis-à-vis d’elles mêmes : un exemple existe « chez nous » dans le domaine de l’expression artistique lorsqu’un art donné est incompréhensible pour une grande partie de notre population, les deux domaines cognitifs-sensitifs concernés étant peu imbriqués

Le cas extrême et peut-être existant dans la phénoménologie ovnienne serait celui où les manifestations ovni seraient des manifestations artistiques, destinées à l’ethnie même qui les anime, à nous même ou à d’autres ethnies exotiques.

En effet pourquoi éliminer la situation selon laquelle les manifestations ovniennes dont nous sommes partiellement conscients seraient en fait destinées à d’autres ethnies que la nôtre qui n’est bien évidemment pas le « centre de l’univers »

Je suis persuadé que ce genre d’approche transdisciplinaire et encore actuellement transgressive de la question ovnienne mérite d’être approfondie car tout simplement n’ayant à ma connaissance jamais été entreprise, tellement cette perspective constitue une trop forte transgression relativement au dogme institutionnel décrétant ce qu’il est « bon » de rechercher et même de penser !

La perspective exposée plus haut ne constitue pas une quelconque réponse au mystère ovnien, mais une nouvelle approche du problème, l’art de la découverte n’étant pas toujours d’apporter des réponses, mais de poser les « bonnes » questions.

Cette proposition relevant de la sociologie n’est absolument pas exclusive des approches par la voie de la physique, mais en est complémentaire:

Toutes les voies sont « bonnes », étant donnée l’ immensité de notre ignorance en la matière.

Le scénario proposé s’inscrit totalement dans mon HYPOTHÈSE EXTRATERRESTRE GÉNÉRALISÉE et en constitue une extension logiquement obligatoire .

Les deux axes de ma proposition sont les suivants :

1/ Nous ne sommes peut-être pas les destinataires de la sémiologie ovnienne***;

2/ Le mode d’expression mis en œuvre par nos « visiteurs » est peut-être un langage artistique.

Selon ma formule habituelle restée jusqu’à présent sans écho, les remarques et critiques sont les bienvenues, afin d’améliorer—modifier cette perspective.

Claude Lavat, le 18 janvier 2017

*Extrait d’Andromaque (1667) de Jean Racine (1639-1699)
 Acte V, scène 5
 Oreste:
 "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? À qui destinez-vous l’appareil qui vous suit? Venez-vous m’enlever dans  l’éternelle nuit?"

**En mathématiques, le gogol (avec un article défini et tout en minuscules, parfois orthographié googol) est le nombre dont la représentation décimale s'écrit avec le chiffre 1 suivi de 100 zéros (10100),
 «Google a choisi ce terme pour symboliser sa mission: organiser l'immense volume d'information disponible sur le Web.» À sa création en 1996, la société a été baptisée BackRub par ses co-fondateurs. En 1997, ils ont renommé le moteur de recherche «Google», déformation de «Googol», pour affirmer leur ambition de créer un moteur de recherche à très grande échelle.

***La sémiologie est l'étude des signes linguistiques à la fois verbaux ou non verbaux.

 

Réactions à cet article de Claude LAVAT :

« Pour qui sont ces ovnis qui surfent sur nos tête? »

Réaction de Sylvie JOUBERT:

Cher Claude,
Un petit échange faisant suite à votre texte intéressant qui ouvre le débat « ovnien ». Je ne prétends pas répondre aux questions posées, juste rebondir sur ce qui a été dit.

Oui…. L’introduction de l’art comme explication partielle de la phénoménologie ovnienne est pertinente sociologiquement.

Si on définit l’art comme un mode d’expression consistant à s’adresser aux émotions, aux sens, à l’intuition et à l’intellect (ceci est la définition basique du mot « art »), alors, il est évident que le mode d’expression mis en œuvre par nos « visiteurs » a quelque chose à voir avec le langage artistique, puisqu’il suggère émotion, sens, intuition et intellect. On ne peut que constater combien les thèmes en jeu dans l’ufologie génèrent beaucoup d’émotion collective, d’idéaux ; ces thèmes inspirent internationalement des œuvres culturelles qu’il s’agisse de filmographie, d’ouvrages, de productions audiovisuelles diverses et variées, de spéculation philosophique ou spirituelle, etc.

Oui… rien ne dit que cela s’adresse toujours à nous, humains. Cet aspect des choses que vous évoquez est, à mon humble avis, essentiel.

Ceci expliquerait, par exemple, que nous ayons du mal à en comprendre certaines logiques. Par exemple, des témoins nombreux indiquent que des ovni(s) apparaissent puis disparaissent dans un autre plan du réel, jusqu’à l’invisibilité. Mais est-ce toujours pour être vus de notre espèce ? Parfois, probablement, mais peut-être pas aussi souvent qu’on ne le croit.
Est-ce que ces phénomènes UFO ne pourraient être aussi la simple conséquence d’interactions avec des « ethnies » (je reprends votre mot) occupant des plans/dimensions nous échappant, et que nos yeux ou nos oreilles captent au moment M dans une conscience plus ou moins claire, plus ou moins partielle.
Autre exemple, qu’est-ce qui nous dit que les crops circles (du moins ceux qui résistent à toute explication objective de type canular) ne sont pas destinés à ces formes de vie que l’on nomme élémentaux, c’est-à-dire à des présences diverses et variées de la Nature œuvrant sur un plan qui n’est pas tout à fait le nôtre, qui ne possède pas la même physicalité.
Donc, je pense que Claude n’a pas tort de dire, «Pourquoi éliminer la situation selon laquelle les manifestations ovniennes dont nous sommes partiellement conscients seraient en fait destinées à d’autres ethnies que la nôtre qui n’est bien évidemment pas le « centre de l’univers».
On peut d’ailleurs se demander si cela n’est pas la même chose dans d’autres domaines parascientifiques, tels que la transcommunication instrumentale (TCI). Ainsi, ce qu’un expérimentateur en TCI capte bizarrement sur un enregistreur ou bien à partir d’une caméra (trace audio ou trace imagée), n’est pas forcément destiné à lui-même ! Notre ego mental peut nous le faire croire, mais rien n’est moins sûr ! Cette réappropriation de l’information obtenue, lorsqu’on l’étend à l’échelle collective, cela s’appelle l’anthropocentrisme. L’anthropocentrisme est la valeur humaine la plus partagée, elle consiste (dans le cas qui nous intéresse) à raccrocher des observations ‘étranges’ ou ‘exotiques’ aux critères de la seule condition humaine. S’il peut arriver que ce qui est vu ou entendu s’adresse à l’expérimentateur ufo ou TCI, je crois que Claude a raison d’insister sur le fait qu’on peut supposer que ce ne soit pas toujours le cas.

Pour appuyer ceci, petit détour sur mes travaux récents autour des animaux et de certains communicateurs animaliers ayant accès à une forme d’extrasensorialité. Ceux-ci m’ont montré que des «présences Autres» interagissent avec l’espèce humaine pour des raisons précises liées aux animaux, sans que l’humain soit la raison de leur mouvement, sans qu’il soit la finalité de leur initiative. Des présences sont vues, ressenties, voire enregistrées, etc… par l’humain, toutefois, la raison d’être de ces actions est à destination de l’animal. Il peut donc aussi arriver que nous soyons des médiateurs et que ce que nous voyons, entendons ou ressentons ne nous soit pas destiné in fine. Il peut aussi arriver que des présences humanoïdes ou non, en tout cas étrangers à notre plan de réalité, s’adressent directement aux animaux… et pourquoi pas aux végétaux, etc.
Bref, je crois qu’il faut aussi envisager que nous soyons simples spectateurs d’un monde où des sémiologies s’échangent, interagissent, sans qu’effectivement nous en soyons le centre. Prendre acte du fait que plein de choses s’échangent, apparaissent ou disparaissent en dehors de nous, pousse à l’humilité. Et cette humilité pourrait bien être un acte de connaissance fort, EXTRÊMEMENT PUISSANT pour la connaissance en devenir, mais qui ne mobilise pas spécialement l’effort mental.

Si nous voulons avoir une meilleure connaissance/science de ces phénomènes ufo, quels qu’ils soient, mais aussi des phénomènes non élucidés en général, je crois que l’une (non la seule) des bonnes habitudes pourrait bien être comme le suggère Claude :
a) de ne pas fermer la porte à la problématique d’un échange généralise d’art / sémiologie
b) de faire acte du minimum d’anthropocentrisme possible, sachant qu’il s’agit d’un exercice plus difficile qu’il n’y paraît !

Amicalement
Sylvie Joubert.

 

Réaction d’Anne-Marie PRIETO

Je trouve ce texte très intéressant. En effet, si nous n’avons jamais eu de contact direct et ouvert avec le phénomène ovnien depuis tout ce temps, c’est qu’il ne nous est effectivement pas destiné bien qu’on puisse trouver des variantes avec les récits d’enlèvements à bord d’ovni.

Pour autant, je ne suis pas sure qu’il soit destiné à qui que ce soit. Je ne suis pas spécialiste des mondes et des dimensions parallèles matériels ou immatériels mais à mon avis si cette présence rentre dans notre environnement c’est par pur intérêt (recherche d’énergies ou de matières premières, de connaissances ou encore d’éléments dont nous n’avons pas idée à ce jour). Ce qui me fait dire cela, c’est que l’activité ovnienne se manifeste, entre autres, auprès des centrales nucléaires ou les sites militaires détenant des missiles nucléaires. Notre activité pourrait mettre en danger voire compromettre les objectifs de cette présence dans notre environnement, d’où une mise sous surveillance de ces sites.

Dans ce contexte, les observations d’ovni que perçoivent un nombre important d’humains seraient dues au hasard. Les observations se feraient par des témoins qui se trouvent au « bon endroit » et au « bon moment ». Le phénomène ne se montrerait pas à nous, on l’observerait juste par hasard.

Pour aller un peu plus loin, on pourrait même se dire que les éventuelles entités qui se trouveraient derrière ce phénomène soient chez elles sur terre au même titre que nous le sommes. Nous pourrions parfaitement partager un espace et un temps qui nous sont communs en permanence ou par intermittence de manière matérielle ou immatérielle selon leurs besoins. Après tout, ce n’est pas parce que des témoins voient des objets ou des lumières partir à toute vitesse vers le ciel que ceux-ci quittent la terre. Ils changeraient juste de lieux, d’hémisphères en passant par l’espace ou tout « simplement » changer de dimensions à volonté (des dimensions qui pourraient s’entremêler aux nôtres et qu’on n’est pas en mesure de percevoir).

Pour ce qui concerne l’expression artistique du phénomène, cela remettrait en question l’idée qu’un OVNI soit un véhicule de déplacement pourvu d’une technologie très avancée et dont nous n’avons pas encore une idée très précise de son fonctionnement. Pour ma part, je pense plutôt que nos observations nous désarçonnent car nous sommes en présence d’une technologie qui nous dépasse et que nous avons tendance à considérer comme « magique » car nous ne la comprenons pas, tout comme autrefois les orages étaient considérés comme une colère divine.

Désolée d’être aussi terre à terre mais je ne prétends pas avoir raison car tant qu’on ne connaitra pas l’origine du phénomène et ses motivations, nous risquons de devoir nous contenter d’hypothèses.

Bien cordialement

Anne-Marie Prieto

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