Les labyrinthes de la conscience

Traduction d’un article en Russe publié sur le site d’Evgeny Sidorov « UFOlats » (pour UFO Latvia ou UFO Lettonie): http://www.ufo.lv/rus/news/world/2015/index.php?62803

Rappel: Evgeny Sidorov, membre de l’Académie d’Ufologie, est co-auteur, avec Sylvie Joubert du « Nouveau Paradigme Ufologique ».
L’article publié est une bonne base pour réfléchir aux possibilités et aux limites de la conscience humaine. Nous pourrons ensuite élargir la réflexion à une « conscience » plus générale qui inclut celle des civilisations (ou simplement existences) extraterrestres.


 Les labyrinthes de la conscience

Chez l’homme, il n’y a pas d’ailes, pas de pattes véloces, ni de terribles dents ou griffes. La chose principale que nous avons reçue de la nature pour survivre est un phénomène psychique unique, la conscience. C’est ce qui permet à une personne de se sentir un individu. Il semble qu’elle ait toujours été en nous… Mais comment fonctionne-t-elle? Comment exploiter ses principaux mécanismes?

Si nous, les humains avons développé l’esprit, la conscience, l’intelligence, tout cela doit avoir une certaine signification évolutive. Sinon, la sélection naturelle ne nous permettrait tout simplement pas de développer tous ces phénomènes. Nous, les Homo Sapiens avons un cerveau, dont la masse est d’environ 2% du poids total du corps, mais c’est un incroyable consommateur d’énergie, absorbant environ un quart de toute l’énergie de l’organisme. Pourquoi avons-nous un tel dispositif complexe et vorace?

Il est évident que dans le monde animal, il y a beaucoup d’espèces qui n’ont pas une mentalité développée mais elles se sont parfaitement adaptées et ont survécu à une autre époque géologique. Prenez, par exemple, des échinodermes. L’Étoile de Mer peut être coupée en deux,  la deuxième partie va croître en une autre Étoile de Mer. Nous sommes devant ce que l’on ne peut que rêver: elle est presque immortelle. Les insectes résolvent les problèmes de leurs différents dispositifs: en changeant de génération ils changent rapidement en modifiant efficacement leur génome. Certains animaux ne peuvent vivre que quelques heures, mais de plus en plus d’organismes permettent à toute leur population de s’adapter parfaitement aux conditions changeantes. Pour un homme, cela est impossible.

La plus grande machine du monde

Notre corps est beaucoup plus complexe que l’organisme d’une mouche ou d’un papillon de nuit. Il grandit et se développe pendant de nombreuses années et c’est une ressource trop précieuse pour « la gaspiller », comme le font les insectes. Bien sûr, un changement de génération, a aussi joué un certain rôle dans l’évolution de l’humanité. Pour cela il existe un mécanisme de vieillissement, mais la force de notre population est « dans l’autre »: repérer et retenir l’avantage de ce qui est nécessaire à long terme pour notre croissance, c’est ce qui donne à notre corps la capacité de s’adapter rapidement.

Une personne peut instantanément évaluer une situation qui a changée et comprendre comment s’y adapter, tout en restant en vie et en bonne santé. Tout cela nous est possible parce que nous avons une conscience. La célèbre neurophysiologiste russe, l’académicienne Natalya Bechtereva, a dit: « – le cerveau est la plus grande machine qui est capable de faire passer du réel à un idéal. » Cela signifie que la propriété la plus importante de la conscience humaine est la capacité de créer et de stocker une image interne du monde environnant. L’avantage de cette compétence est colossal. Lors d’une rencontre avec un phénomène ou un problème que nous devons résoudre, ou pour lui donner un sens à partir de zéro, il suffit de comparer l’information nouvelle avec la vision du monde que nous avons développé.

L’histoire de la psyché humaine à partir de pratiquement zéro dans l’enfance jusqu’à une personnalité mûre ayant une expérience diversifiée, est une accumulation constante d’informations, d’adaptations, d’ajouts, de corrections et d’images individualisées du monde. Les activités de l’esprit humain ne sont rien d’autre qu’une nouvelle information sans fin, filtrant à travers l’expérience acquise. Le mot russe pour « conscience » (сознание ) reflète très bien l’essence du phénomène: la conscience, c’est une vie « avec la connaissance » (со знанием). Pour cette évolution l’homme a été doté d’une ressource informatique unique, le cerveau, ce qui vous permet de comparer en permanence la nouvelle réalité avec votre expérience acquise.

Notre conscience a-t-elle des lacunes? Bien sûr, le principal, la partialité et l’imprécision de tout point de vue personnel sur le monde. Par exemple, si un homme rencontre une blonde et que sur la base de son expérience personnelle, il décide que cette blonde est trop frivole ou mercantile, il peut décider d’abandonner une relation sérieuse. Mais peut-être que le fait est qu’il n’a seulement pas de chance avec cette blonde particulière, car elle est atypique par rapport à son expérience. Cela arrive tout le temps, et parfois l’accumulation de faits contredisant notre image individuelle du monde, peut conduire à ce que les psychologues appellent la dissonance cognitive. Au moment de la dissonance, la vieille image du monde tombe en ruine et à sa place une nouvelle image apparaît, ce qui est aussi une partie de notre mécanisme d’adaptation.

L’abysse de l’inconscient

Un autre inconvénient de la conscience est qu’elle n’est pas toute-puissante, bien que nous créons l’illusion qu’elle saisit 100% d’une nouvelle information (mais ce n’est seulement qu’une illusion!). Toutefois, elle n’a pas cette capacité physique. La conscience est un nouvel outil très évolutif, qui à un moment donné a été construit sur une partie de l’inconscient. Dans certaines créatures la conscience est apparue et si des animaux  ont une conscience, c’est un point  très intéressant, mais que nous sommes loin de comprendre. Car malheureusement, jusqu’à présent il n’y a pas d’outil de communication scientifique avec des animaux, que ce soit un chat, un chien ou un dauphin et il nous est donc impossible de déterminer dans quelle mesure ils sont conscients. Nous ne le pouvons pas.

Cet inconscient, qui est la ressource de la psyché en dehors de la conscience, est préservé dans son intégralité chez l’humain. Estimer la taille de l’inconscient ou en vérifier son contenu est impossible, la conscience ne nous permet pas d’y accéder. On croit que notre intuition est  illimitée et que cette vie psychique est là pour nous aider dans des situations où les ressources de la conscience ne suffisent pas. Une aide nous est donnée sous la forme de processus, mais nous ne voyons que les résultats, mais pas les processus eux-mêmes. Un exemple classique, la table périodique des éléments élaborée par Dimitri Mendeleïev qui, après beaucoup de réflexions, prévoit des cases avec les propriétés d’éléments non encore découverts.

Même si nous supposons que c’est juste une belle légende, c’est une bonne idée d’illustrer le fait que chacun de nous a acquis son savoir par son expérience personnelle. Une décision qui engage pour une longue période, vient parfois tout à coup, comme si elle surgissait de nulle part. Parfois même du domaine du sommeil. Cependant, ce travail de l’inconscient, non seulement nous ne pouvons pas le voir, mais nous ne pouvons même pas garantir sa connexion. Cet outil rebelle aux efforts de notre volonté, comme nous l’avons dit, n’obéit pas à la conscience.

Où placer les chaussettes?

D’autre part, un mécanisme de sauvegarde de la conscience humaine, moins sombre et moins inaccessible que l’inconscient est également disponible. Ce mécanisme, en psychologie est parfois associé à la notion de « caractère » et il fonctionne bien. Lorsqu’un individu compare les données entrantes avec sa propre vision du monde, la première chose qu’il veut c’est répondre à la question: « – qu’est-ce que je fais dans une telle situation? » Et si l’expérience particulière de sa conscience ne suffit pas,  il cherche à répondre à la question: « Que font les gens dans cette situation?  »

Cette question fait référence à l’enfance, à la parentalité. Maman et papa donnent aux enfants un ensemble de modèles de comportement sur le thème de « ce qui est bon et ce qui est mauvais », mais les éducations sont toutes différentes et les modèles, pour un même événement, peuvent différer de façons significatives chez différentes personnes. Par exemple, le cas du mari qui pense que les chaussettes peuvent être jetées au milieu de la chambre, alors que sa femme dit que le linge sale doit immédiatement être déposé dans la machine à laver. Dans ce conflit, il y a deux issues possibles:
– dans un cas, la femme se tournera vers son mari pour lui demander de ne pas jeter les chaussettes et il peut en convenir avec son épouse; dans le même temps la conscience des deux personnes évaluent la situation « ici et maintenant » et le compromis sera le résultat d’une adaptation rapide;
– dans un autre cas, si le mari ne réagit pas, son épouse est susceptible de se mettre en colère et de prononcer des paroles comme: « cela est dégoûtant! Personne ne le fait! ».
« Personne ne le fait » ou « tout le monde le fait », c’est « l’aérodrome de secours » de la conscience, son système de sauvegarde. Ce système joue un rôle important d’adaptation, il vous permet de ne pas transférer la tâche intuitive sur laquelle vous n’avez aucun contrôle et de la laisser hors de la conscience. Malheureusement, à ce stade, dans une certaine mesure il est préférable de désactiver le mode adaptatif et de faire une analyse immédiate de la réalité.

Miroir pour un héros

Donc, l’avantage évolutif le plus important de l’humain est la capacité de produire en permanence une image interne du monde qui décrit la réalité et donc de prédire les développements futurs pour s’y adapter. Mais comment évaluer la justesse de l’adaptation? Pour ce faire, nous avons un dispositif de retour, un système de réponse émotionnelle qui nous fait ressentir quelque chose de gentil et quelque chose de désagréable. Si nous sommes bons, aucun changement n’est nécessaire. Si nous sommes mauvais et que nous vivons, nous sommes donc incités à changer le modèle adaptatif. C’est le cas des personnes qui se désintéressent du monde extérieur, les schizoïdes, qui ont plein d’idées, mais qui sont plus qu’étranges.

Ces personnes ne se soucient pas des images qu’elles ont de la réalité. Elle ne les intéresse pas car elle n’apporte pas de retour positif. Au contraire, les personnes syntones emmagasinent les adaptations, résultats des puissantes rétroactions envoyées par le monde réel. Elles sont en permanence sous l’influence de l’émotion. Mais un modèle adaptatif, pendant une longue période, ne change pas. Vous pouvez vous inscrire à l’Université, démarrer une entreprise et la laissez se délabrer à cause de votre inaction. Le schizoïde peut être comparé à une horloge cassée qui marque l’heure exacte seulement deux fois par jour, alors que la personne syntone est une montre dont les flèches tournent au hasard dans des directions opposées.

A chaque port sa personnalité

Deux systèmes, un système d’adaptation et un système d’auto-analyse des mesures d’adaptation, forment ensemble la personnalité humaine. Une personne peut être considérée comme hautement humaine quand les deux systèmes fonctionnent en harmonie. Elle saisit rapidement l’essence des phénomènes, en a clairement conscience, pense clairement et se sent à l’aise. A propos de leur perception, les gens disent souvent, « Wow, comme il a bien dit ça! Je n’aurai pas su le dire! »
La personnalité est comme un produit gastronomique parfait dans lequel il n’y a seulement que ce qui est nécessaire: de l’inconscient, de l’adaptabilité et un auto-examen. Avez-vous besoin d’intégrer une quantité excessive d’informations? Pas du tout. Pour l’adaptation à grande vitesse, vous avez besoin d’informations clés qui vous permettent de tirer la bonne conclusion et de faire la bonne action.

Une personne doit correspondre exactement à sa place et a son temps. Beaucoup de personnalités connues ne peuvent probablement pas avoir une telle réputation, il semble qu’elles aient évolué dans un environnement socio-culturel différent…
En outre, pour une même personne, dans certaines conditions coexistent des personnalités multiples. Cela pourrait être, par exemple, en raison des dits « états de conscience modifiés ».

Le mode d’emploi, doit être considéré comme un état biologiquement significatif pour la personne pour laquelle toutes les ressources de l’esprit sont tournées vers l’environnement extérieur. Nous devons toujours être sur le qui-vive, analyser en permanence les informations entrantes. Mais quand le centre d’intérêt est partiellement ou totalement passé en interne, c’est ce qu’on appelle un état de changement. Dans ce cas la personnalité peut ainsi varier. Tout le monde sait qu’un homme ivre est capable d’actes, qu’il ne penserait même pas pouvoir accomplir dans son état normal (sobre). De même pour le comportement stupide de tous les amoureux débutants.

Le psychologue américain Robert Fischer a proposé le concept de « port », selon laquelle notre conscience est comme un capitaine de la marine qui parcourt le monde et dans chaque port, il a une femme. Mais aucune d’elles ne savait rien sur les autres. Donc, notre conscience, dans différents états, est capable de produire des caractéristiques personnelles différentes, mais ces états sont souvent totalement inconnus des autres.

Lequel d’entre nous est un génie?

Le travail de la conscience lié à d’autres tâches d’évolution contribue non seulement à faire que l’individu s’adapte rapidement à l’évolution des circonstances, mais il travaille aussi pour la survie de l’humanité dans son ensemble. Nous avons tous notre propre image interne du monde, reflétant, dans une certaine mesure, la réalité. Mais lorsque nous remarquons quelqu’un qui en a une vision plus adéquat, nous nous demandons comment cet homme, que l’on appellera un génie, comprend ce que les autres n’ont pas pu comprendre. Plus il y a de gens qui voient la situation de façon adéquate, plus les chances de survie de la communauté dans son ensemble sont grandes. Par conséquent, la diversité des consciences humaines est également très importante du point de vue du processus d’évolution.

Source:

http://www.popmech.ru/science/15045-labirinty-soznaniya/#full

Сергей Мац, 18 ноября 2013 (Sergey Mats, le 18 Novembre, 2013)

Traduction depuis le Russe par Jacky Kozan, le 25 août 2015

Publié par

Jacky Kozan

Fondateur et coordinateur de l'Académie d'Ufologie