La stigmatisation sociale à propos des phénomènes inexpliqués ralentit la progression de l’humanité.

Pourquoi la stigmatisation sociale à propos des phénomènes inexpliqués
ralentit la progression de l’humanité.

Un article de Luis Elizondo pour Medium.
13 septembre 2018

Comme la plupart des systèmes biologiques sur cette planète, les humains sont largement motivés par l’auto-préservation et l’évitement des conflits.

En tant qu’espèce, nous avons tendance à éviter de nous associer à tout ce qui pourrait nous isoler du grand groupe, qui pourrait nous faire paraître étranges ou qui pourraient attirer une attention négative de nos pairs.

Essentiellement, la stigmatisation se traduit par une paralysie de la communication.

Et si rien n’est fait, elle exerce une influence effrayante sur la société et les générations. Cela est vrai, que nous essayions de trouver la cause des maladies, des raisons de changement environnemental ou des amorces de conflit mondial.

Tout au long de l’histoire, en tant que société, nous avons parfois trouvé plus commode et plus socialement acceptable d’ignorer des sujets inconfortables. Les résultats ont souvent été catastrophiques à la fois pour notre fibre morale et pour la santé de notre espèce. La stigmatisation concernant certaines conditions psychologiques a déjà conduit à une peine d’emprisonnement à perpétuité et à des lobotomies forcées simplement parce que la stigmatisation empêchait les familles d’avoir une conversation sur la maladie mentale.

Il y a eu une stigmatisation sociale similaire au cours des dernières décennies autour du thème des Phénomènes Aériens Non Identifiés (PAN) ou OVNIS – un sujet qui a été relégué aux théoriciens du complot, aux méchants films de série B et à l’oncle étrange auquel personne ne veut plus parler. Comme ce fut le cas pour d’autres sujets qui suscitent la stigmatisation, de nombreuses personnes préfèrent regarder autrement que d’être associées à ce qui a été qualifié de « fou » ou de « limite ».

Lorsque j’ai été nommé Directeur du programme d’identification des menaces aérospatiales avancées (AATIP), mes collègues et moi-même avons eu assez d’expérience pour savoir avec une certitude absolue qu’il existe des PANs. En outre, ceux-ci ne semblent pas se soucier de savoir si nous y croyons ou non et ils sont ici avec ou sans notre permission.

Comment pouvons-nous avoir une conversation honnête sur la sécurité nationale et l’humanité si nous ne pouvons même pas aborder le sujet d’une menace ou d’une opportunité potentielle?

Prenons l’exemple de la culture pop. Dans la célèbre série Harry Potter, le sorcier maléfique Voldemort est si vil que les autres sorciers ont peur de prononcer son nom. L’idée est que si vous ne mentionnez pas son nom, cela minimise la menace et le rend moins réel. Mais ironiquement, la stigmatisation de son nom ne fait que le rendre plus puissant.

Refuser de reconnaître les PANs dans notre espace aérien n’est pas différent.

Si nous ne surmontons pas la stigmatisation sociale concernant les PANs et si nous ne les prenons pas en compte, nous pourrions nous retrouver du mauvais côté de l’histoire. Seulement, dans ce cas, nous ne parlons pas de fantaisie et de magiciens, nous parlons de réalité et de sécurité nationale.

Voici pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre de laisser la stigmatisation conduire nos peurs et enterrer nos têtes dans le sable:

La stigmatisation sociale entrave les processus gouvernementaux.

La stigmatisation sociale est souvent le résultat de la peur concernant des sujets sans réponses et mal compris. Le Projet Blue Book fournit un exemple utile.

De 1952 à 1969, l’US Air Force a mené une série d’études sur les PANs. Les objectifs du projet Blue Book étaient de déterminer si les PANs étaient une menace pour la sécurité nationale et d’analyser scientifiquement les données relatives aux ovnis. Pendant 17 ans, le Projet Blue Book a compilé des rapports de dizaines de milliers d’observations d’OVNIS, classant 700 de ces incidents comme « non identifiés ».

En 1966, l’armée de l’air a demandé à un autre comité, dirigé par le Dr Edward Condon, d’examiner ces observations. Deux ans plus tard, ils ont publié le « rapport Condon », qui concluait que les observations qu’ils avaient examinées ne montraient aucun signe d’activité inhabituelle. Cela a incité l’armée de l’air à fermer le projet Blue Book l’année suivante.

Lors de son démantèlement, le projet a annoncé que, malgré près de mille observations non identifiées, il n’y avait aucune preuve de phénomènes extraordinaires dans notre espace aérien.

Ces conclusions méprisantes dans les versions publiques du projet Blue Book et du rapport Condon n’étaient tout simplement pas étayées par les faits. Il y avait des centaines de témoignages crédibles d’observateurs formés par des observateurs qualifiés dont beaucoup, qui avaient des habilitations de sécurité de haut niveau, avaient été témoins de ces objets. Notre pays a mis des personnes sur la chaise électrique en se basant sur les témoignages de deux témoins seulement, qui n’étaient pas particulièrement formés à l’art de l’observation.

Comme c’est le cas avec d’autres sujets controversés, ces preuves vérifiables ont été supprimées et diluées en raison de la stigmatisation entourant le sujet des PANs.

Mais il y a toujours deux côtés à un argument.

Au moment des enquêtes, le gouvernement des États-Unis était en pleine guerre froide et en toute justice, il ne pouvait pas se permettre d’être distrait par une chasse aux oies sauvage pour laquelle il n’avait aucune réponse. Tant que les Américains n’étaient pas attaqués par ces phénomènes inhabituels, l’attention était très justement placée sur des questions plus tangibles. Je ne suis pas nécessairement d’accord avec cet état d’esprit, mais je le comprends.

La stigmatisation auto-imposée aggrave souvent le problème.

Les tabloïds et les médias sociaux n’ont certainement pas aidé la question de la stigmatisation. Ces médias fournissent fréquemment à leurs consommateurs des histoires sensationnelles qui ne font que renforcer la stigmatisation à propos de certains sujets.

La montée des médias sociaux signifie que maintenant, tout le monde a une voix.

Mais beaucoup de ces voix sont moins motivées par la vérité et cherchent plutôt à diffuser leurs propres programmes. Une simple recherche sur Google concernant le programme que j’ai déjà aidé à exécuter, AATIP, se traduit par des centaines de résultats, dont beaucoup proviennent de sites prétendument réputés et de sources « Deep-State » (Etat Profond). Ces sites sont gérés par les mêmes personnes qui prétendent avoir une connaissance approfondie des PANs, mais qui n’ont jamais fourni la moindre preuve qu’ils ont accès aux initiés du gouvernement.

Mais tous les sites de médias sociaux, ou les chaînes Youtube, ne se trompent pas. Les sites qui mettent l’accent sur la collecte de données, les faits et l’objectivité sont généralement sur la bonne voie. Étonnamment, certains sites semblent bien comprendre la nature bizarre des phénomènes et quelques sources d’information bien placées. Un exemple spécifique que j’ai trouvé est « UFOJesus », une chaîne YouTube humoristique qui semble avoir des informations et des idées crédibles.

Peu importe le moyen, une conversation franche et honnête est essentielle pour avancer en tant que société.

Surmonter la stigmatisation est la clé de notre survie en tant qu’espèce.

S’il y a une chose que la nature nous a montré à maintes reprises, c’est que soit nous nous adaptons, soit nous disparaissons.

En tant qu’espèce, il est essentiel de comprendre les choses que nous ne pouvons pas expliquer, pour survivre. Et cela signifie être ouvert aux nouvelles idées, possibilités et données. Cela a toujours été ainsi, datant de l’époque où l’humanité vivait dans des grottes. Si vous entendiez quelque chose qui rodait alentours, vous deviez enquêter. Si vous ne l’aviez pas fait, vous et votre famille n’auriez pas été au courant que c’était un prédateur potentiel.

En même temps, un animal errant à l’extérieur de votre caverne pourrait également signifier de la nourriture, ce qui permettrait à votre famille de rester en vie et de prospérer. Si vous étiez resté dans la grotte et que vous ne vous soyez jamais aventuré à l’extérieur, vous auriez pu survivre à la nuit mais probablement pas à long terme.

En ce qui concerne les OVNIs, ignorer l’inconnu est tout aussi dangereux car cela pourrait signifier ne pas saisir les opportunités et les nouvelles compréhensions.

En tant que société, nous devons reconnaître que la stigmatisation ne sert qu’à garder la tête dans le sable. Notre avenir dépend de la transparence et de la vérité.

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Traduction Jacky Kozan le 17 septembre 2018

Publié par

Jacky Kozan

Fondateur et coordinateur de l'Académie d'Ufologie