Est-ce un ami, un ennemi ou une force inconnue qui vole au-dessus de nous?

Est-ce un ami, un ennemi ou une force inconnue
qui vole au-dessus de nous?
Le Congrès devrait le découvrir.

Par Christopher Mellon,  le 19/05/19

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Rappel:
Christopher Mellon a passé 20 ans au gouvernement fédéral. Il a été sous-secrétaire adjoint à la Défense de 1999 à 2002, et aux opérations de sécurité et d’information de 1998 à 1999. De 2002 à 2004, il a été directeur des minorités du Comité spécial du renseignement du Sénat, sous le sénateur John Rockefeller IV (D-W.Va.). Il est conseiller en matière de sécurité nationale pour l’Académie des Arts et des Sciences « To The Stars » (TTSA) et consultant pour la série documentaire de HISTORY intitulée «Unidentified: Inside America’s UFO Investigation», qui sera diffusée à partir du 31 mai.

et aussi: Mellon Bank of New-York, Carnegy Mellon…entre autres.

Christopher Mellon

 

Depuis 2015, des dizaines d’avions de combat de la marine américaine F-18 ont rencontré un phénomène aérien non identifié (PAN), jadis communément appelé OVNI – au large de la côte Est des États-Unis, certains non loin de la capitale. Des rencontres ont également été rapportées par d’autres avions militaires et des avions de ligne civils ailleurs aux États-Unis et à l’étranger, y compris des vidéos tournées par des passagers aériens.

Reconstitution de la descente rapide du « Tic-Tac » près du Nimitz.

Ce que ces PANs étaient et qui les pilotait, amis, ennemis ou forces inconnues, reste un mystère. Cependant, un examen attentif des données mène inévitablement à une conclusion inquiétante: un adversaire potentiel des États-Unis a maîtrisé des technologies que nous ne comprenons pas encore, pour réaliser des performances que nous ne pouvons pas encore égaler.

Il est temps que le Congrès découvre les réponses à ces questions et partage, au moins certaines des conclusions, avec le public.

Le Capitol de Washington où siège le Congrès (Représentants + Sénat)

Le gouvernement américain s’est rapproché de la confirmation de la réalité des PANs lorsque la marine américaine a reconnu fin avril « qu’un certain nombre d’aéronefs non autorisés ou non identifiés ont pénétré dans diverses zones de tir contrôlées par l’armée et dans un espace aérien désigné » .

Mais d’abord, les membres du Congrès et le public doivent se familiariser avec les faits.

Malheureusement, il est impossible de jauger le niveau global d’activité des PANs, car les militaires rapportent rarement leurs rencontres, de peur de nuire à leur carrière. Même lorsque les rapports sont archivés, les informations sont généralement ignorées, car personne ne « détient » le problème des PANs et les différents commandements et agences impliqués n’ont pas partagé d’informations sur les PANs.

Il reste à voir si le nouveau processus de compte rendu PAN de la Marine sera imité dans notre lourd appareil de sécurité, presque féodal, dans lequel les barons consacrent parfois plus de temps à la protection de la bureaucratie contre leurs rivaux, qu’à la protection du territoire américain contre leurs adversaires. Ainsi, toute solution véritable au problème des PANs doit aborder le problème de la coordination et de la collaboration inter-institutions.

La bonne nouvelle est que l’Amérique possède déjà de vastes réseaux de capteurs, allant des profondeurs des océans à la morosité de l’espace, capables de collecter les informations requises. Tout ce que le Congrès doit faire à ce stade est d’obliger le secrétaire à la Défense et le directeur des services de renseignement nationaux à examiner le problème des PANs et à remettre un rapport fournissant une évaluation complète. Ce rapport doit inclure non seulement une estimation de la situation, mais également une description de la structure et des processus nécessaires pour assurer une collecte et une analyse efficaces.

L’administration Trump devrait être libre de fournir le rapport à tout niveau de classification qu’elle jugera approprié. Une entité avec laquelle je suis impliqué, To The Stars Academy (TTSA), une organisation composée d’anciens experts américains du renseignement et de la sécurité nationale qui analysent le phénomène des PANs, a mis un projet de résumé analytique sur son site Web pour faciliter cette discussion. Bien que de modestes coûts de main-d’œuvre puissent être engagés, la proposition de TTSA n’exige pas de nouveau financement du Département de la Défense. Cela évite également le spectacle des audiences publiques et le risque que cela implique d’introduire de la partisanerie ou de la surenchère dans le processus.

Pourquoi le Congrès devrait-il agir? En premier lieu, car il appartient au Congrès de former, organiser et financer l’armée. Il est difficile de le faire sans être pleinement conscient des menaces auxquelles nous sommes confrontés. C’est la raison pour laquelle nous avons une loi exigeant que le Congrès soit averti par écrit des graves défaillances des services de renseignement. La plupart des Américains conviendront sans doute que notre incapacité à identifier des dizaines d’avions mystérieux violant à plusieurs reprises l’espace aérien militaire restreint des États-Unis au cours des dernières années est un échec choquant. Mais il n’est pas nécessaire de se disputer le respect des lois sur la surveillance du renseignement. Les récentes reconnaissances de la Marine au sujet d’intrusions de PANs fournissent plus que des motifs suffisants pour exiger un rapport écrit au Congrès.

Peut-être apprendrons-nous que le président russe Vladimir Poutine n’a pas parlé pour ne rien dire lorsqu’il s’est vanté, il y a plus de dix ans, que « les systèmes techniques les plus récents de la Russie seront capables de détruire des cibles à une distance intercontinentale avec une vitesse hypersonique et une maniabilité extrême ». Il semble peu probable que la Russie – ou la Chine – ait pris une telle avance sur les États-Unis. Il n’y a aucune raison de laisser cela au hasard. Et, bien que l’annonce de la Marine semble éliminer la possibilité que ces véhicules soient des avions militaires américains secrets, nous découvrirons peut-être qu’Elon Musk a de nouveaux jouets incroyables.

Les PANs rencontrés par les pilotes militaires ne sont pas simplement étranges: pas de peinture, rivets, ailes, antenne, feux de sécurité, transpondeurs ou échappements, mais ils sont parfois si rapides et maniables qu’ils défient notre compréhension de la physique. Par exemple, certains de ces véhicules semblent résister à des forces d’accélération bien supérieures aux limites maximales prises en compte lors de la conception de tout aéronef construit par l’homme. Il n’est donc pas étonnant que certains témoins militaires, souvent des pilotes qui sont des scientifiques ou des ingénieurs eux-mêmes, s’appuient en réalité sur l’hypothèse selon laquelle ils ne sont pas de ce monde. Comme tous les bons scientifiques, ces pilotes reconnaissent que nos théories doivent s’ajuster aux faits et aux nouvelles informations, même si elles sont décourageantes, et non l’inverse.

Si nos meilleurs cerveaux étaient amenés à étudier la technologie à laquelle nous sommes confrontés, à l’instar des Japonais des années 1850 confrontés à la flotte de l’amiral Perry, des percées technologiques sans précédent pourraient se produire dans un avenir proche. Par exemple, le fait que ces embarcations ne semblent pas produire d’échappement, mais parcourent de très grandes distances à des vitesses immenses, pourrait apporter des solutions techniques à notre crise énergétique.

Certains des meilleurs aviateurs et membres du personnel de la défense aérienne américains tentent d’attirer notre attention. Ils ne sont pas paniqués, mais ils ont raison d’être inquiets. Il semble clair que les faits exigent des mesures supplémentaires. À la lumière des faits, une simple exigence de déclaration semble constituer une réponse très modeste à de nouvelles informations potentiellement perturbantes sur la sécurité nationale.

Si les PANs se révèlent être des jouets de la fabrication d’Elon Musk, nous allons tous pousser un soupir de soulagement. S’ils sont russes, nous serons heureux d’avoir pris des mesures maintenant au lieu d’en prendre à l’avenir. Si nous apprenons qu’une version plus avancée de notre vaisseau spatial Voyager, envoyé par quelqu’un d’autre, a atteint la Terre, cette mesure humble transformera à jamais notre compréhension de l’univers et de la place de l’homme en son sein.

À tous égards, l’effort requis pour préparer un rapport pour le Congrès semble être une bonne affaire.

Traduction de Jacky Kozan, le 24 mai 2019.

Publié par

Jacky Kozan

Fondateur et coordinateur de l'Académie d'Ufologie