Article du New-York Times: Comment Tom DeLonge du Groupe Blink-182 est devenu ufologue.

Deux ans après son départ du groupe, M. DeLonge s’est trouvé une nouvelle vie en essayant de donner un sens à l’espace.

Par Derrick Bryson Taylor
26 septembre 2019

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« Cela fait des décennies que nous attendons en tant qu’érudits et chercheurs sur le sujet,
en espérant que le gouvernement finira par prendre la parole et reconnaître ce dont il s’agit. »
Crédit Daniel Brenner pour le New York Times

Pendant des décennies, la question de savoir si les ovnis existent ou non a été débattue dans la culture populaire américaine et au sein des communautés scientifiques.

Tout cela a atteint son paroxysme la semaine dernière lorsque la marine américaine a confirmé que trois vidéos largement partagées capturées par des aviateurs de la marine en 2004 et 2015 étaient bien réelles et montraient ce qu’elle appelait des « phénomènes aériens non identifiés ». La partie « non identifiée » de cette déclaration a suscité l’excitation parmi les enthousiastes ovnis.

Les trois vidéos montrent des objets mystérieux dans le ciel et contiennent des enregistrements audio de pilotes essayant de comprendre ce qu’ils voient. Elles avaient acquis une notoriété depuis leur publication en 2017 et 2018 par le New York Times et une société appelée To the Stars Academy of Arts & Sciences. Fondée en 2017, elle est géré par une équipe de 12 personnes, dont plusieurs anciens employés du gouvernement, qui tentent de faire avancer la compréhension par la société des phénomènes scientifiques, sous l’angle du divertissement, de la science et de l’aérospatiale.

Au fur et à mesure que la déclaration de la Navy se répandait, de nombreuses personnes ont fait connaissance avec l’académie et plus particulièrement avec l’un de ses fondateurs: Tom DeLonge, qui a été de 1993 à 2015 guitariste et chanteur du groupe Blink-182. Nombreux se sont demandés comment, le type de Blink-182 s’est-il impliqué dans la recherche ovni?

Une vidéo montre une rencontre entre un Super Hornet F / A-18 de la Navy et un objet inconnu.
Elle a été publié par le programme américain d’identification de la menace aérospatiale avancée (AATIP)
du Département de la Défense.

Il pourrait être difficile pour ceux qui ne sont pas imprégnés de la littérature américaine de comprendre l’importance de tout cela. Susan Gough, la porte-parole du Pentagone qui a fait la déclaration la semaine dernière, a déclaré que la Navy avait « confirmé que les trois vidéos largement diffusées étaient bien des enregistrements réalisés par des aviateurs de la Navy, enregistrées au cours de leurs évolutions d’entraînement. »

Elle a également déclaré que la Navy « a toujours considéré les phénomènes observés dans ces vidéos, comme non identifiés ». De plus, ces observations faisaient « partie d’un problème plus vaste d’un nombre accru d’incursions, dans les zones d’entraînement, par des phénomènes aériens non identifiés, ces dernières années » a-t-elle dit.

Et cela nous amène à Blink-182.

Nous avons parlé à M. DeLonge, en tournée avec un autre groupe, Angels & Airwaves et à Luis Elizondo, Directeur de la Sécurité Mondiale et des Programmes Spéciaux pour l’académie (TTSA), à propos de la société et de ce que la réaction de la Navy aux trois vidéos signifie réellement.

Ce qui suit est une version modifiée et condensée de la conversation.

Je voulais juste dire à Tom et Luis, merci encore de m’accorder un peu de votre temps. Je sais que vous avez des journées bien remplies.

M. DeLonge: Bien sûr! Absolument mon cher.

Comment êtes-vous entré dans la recherche ovni et la recherche spatiale?

M. DeLonge: Eh bien, depuis que je suis au collège, je suis vraiment un enfant rebelle et perturbé. J’ai eu beaucoup de problèmes. Mes parents travaillaient toute la journée et j’étais skateboarder. J’aimais beaucoup le punk rock, qui est rebelle par nature. Honnêtement, je ferais tout pour que des agents de sécurité et des agents de police nous poursuivent, pour obtenir de l’adrénaline. Je me souviens de m’être tellement ennuyé pendant l’été et de me dire: «Wow, il doit y avoir mieux que tout cela à faire. »

Je commençais à être très fasciné par l’idée de savoir ce qu’il y avait d’autre, à part travailler de 9h à 17h ans et venir d’une famille brisée. Pour une raison quelconque, je pensais que la science-fiction était simplement fascinante. Mon frère et moi étions tellement attachés à la saga de la « La Guerre des Etoiles », évidemment, au début des années 80. Cela m’a amené à élargir ma façon de penser.

La Navy a fait l’objet de nombreux titres qui confirment et disent que les objets vus dans trois clips militaires déclassifiés, l’un de 2004 et les deux autres de 2015, sont des « phénomènes aériens non identifiés ». Pourquoi la réponse de la Navy est-elle si importante dans une conversation plus large sur les ovnis?

M. DeLonge: Tout le monde considère encore que le gouvernement des États-Unis dispose des ressources, de l’intellect et du devoir de traiter de tels sujets. En tant qu’érudits et chercheurs sur le sujet, nous attendons depuis des décennies et nous espérons qu’un jour, le gouvernement prendra la parole et reconnaîtra ce dont il s’agit. Le gouvernement pourrait répondre à cette question. Nous attendons simplement qu’il vienne nous aider pour certaines de ces recherches. Cette situation qui vient de se produire est littéralement quelque chose que j’attends avec beaucoup d’autres personnes depuis non pas des années, mais des décennies. C’est ce que nous espérions pouvoir faire pour que cela puisse vraiment inciter davantage de gens intelligents et d’intellectuels à se lancer dans cette course et à nous aider à en savoir plus à ce sujet.

Luis, vous avez des antécédents au Ministère de la Défense. Qu’est-ce que cette réponse vous envoie comme signal? (Il était officier du renseignement de carrière dans l’Armée, au Ministère de la Défense, à la Direction du Contre-espionnage National et au Bureau du Directeur du Renseignement National.)

M. Elizondo: Je pense que cela indique un agrandissement de l’ouverture. Une volonté d’être plus transparent. Particulièrement lorsque vous parlez d’un sujet qui a été considéré de manière classique avec un sens de dédain et un certain degré de stigmatisation. Je pense que cela signale un nouveau paradigme. Je pense que cela témoigne de la volonté de certains membres du gouvernement de reconnaître les données et de commencer la conversation qui doit avoir lieu.

« Je pense que cela indique la volonté de certains membres du gouvernement
de reconnaître les données et de commencer la conversation qui doit avoir lieu », a déclaré Luis Elizondo.
Crédit Roger Kisby pour le New York Times.

Qu’est-ce que vos compagnons de groupe Blink-182 et les gens de l’industrie de la musique pensent de votre compagnie, To The Stars Academy?

M. DeLonge: C’est vraiment drôle, je pense que j’étais assez bien préparé pour ce travail, car la première fois que j’ai quitté Blink-182, il y a longtemps, tous mes fans étaient tellement en colère et le public en général était comme, « Pourquoi ferais-tu ça? Tu es fou. » (le groupe s’est séparé en 2005 et s’est reformé en 2009. M. DeLonge a quitté à nouveau en 2015).

J’avais une liste de tous ces genres de réinvention de qui j’étais et le lancement de mon groupe Angels & Airwaves m’a vraiment permis de mieux comprendre cela. Je devais reconstruire à partir de zéro, qui je pensais être, qui je voulais être, où je voulais aller. Au moment où cela s’est produit, mon groupe ne l’a pas compris. Je ne pourrais pas dire à qui je parlais. Parce qu’à l’époque, bon nombre de ces types occupaient encore des postes délicats et faisaient la transition en dehors du gouvernement. Je n’étais pas dans un endroit pour pouvoir vraiment tout dire, ce n’était tout simplement pas le genre de bonne étiquette, si vous voulez. Les gars de Blink ne le savaient pas. Mais c’est OK. Mais je savais que je me retrouvais dans des eaux tellement importantes que je ne les avais jamais vraiment touchées auparavant. En parcourant ce que j’ai vécu plus tôt avec le groupe, j’avais déjà une peau épaisse. Donc, je ne m’en souciais pas vraiment, c’est tout.

Vous êtes un musicien, connu pour son comportement sur scène insolite, y compris parfois être nu. Comment avez-vous amené les gens à vous prendre au sérieux?

M. DeLonge: C’est une très bonne question. C’était drôle parce que, heureusement, la plupart des gens que j’avais rencontrés au début ne se rendaient pas vraiment compte des comportements fous du rock and roll que j’avais au début de mes vingtièmes années. Je dis toujours que le fait d’être une célébrité m’a ouvert quelques portes, mais c’est tout. Mon intellect, quel que soit son niveau (rires), est ce qui a permis à ces réunions de porter leurs fruits. Je pense que de mon point de vue, la chose la plus importante sur laquelle je me concentrais, c’était d’être éloquent. Être humble envers le sujet, parce que le sujet n’est pas une blague. Je devais vraiment respecter ce que je disais, comment je le disais. Je pense qu’en raison de toutes ces choses, j’ai gagné la confiance et gagné plus de réunions. C’était un processus, ça ne s’est pas passé en une nuit, ça m’a pris quelques années.

En juillet, l’académie (TTSA) a annoncé le projet de recherche ADAM (Acquisition et Analyse des Données des Matériaux), un programme de recherche universitaire axé sur des échantillons de matériaux exotiques d’ovnis. Comment l’académie mènera-t-elle des recherches sur le matériel et que cherche-t-elle exactement?

M. Elizondo: Nous allons d’abord faire de la recherche en utilisant la méthode scientifique. Nous essayons de trouver les personnes les plus qualifiées dans les institutions les plus respectables pour mener des analyses scientifiques. Cette analyse scientifique comprend l’analyse physique, l’analyse moléculaire et chimique et en fin de compte, l’analyse nucléaire.

« Pour une raison quelconque, je pensais que la science-fiction était simplement fascinante », a déclaré M. DeLonge.
« Mon frère et moi étions tellement attachés à la saga de la « Guerre des Etoiles » au début des années 80.
Cela m’a amené à élargir ma façon de penser ».
Crédit Daniel Brenner pour le New York Times

L’académie (TTSA) a-t-elle mis la main sur du matériel à examiner?

M. Elizondo: Certainement.

Pouvez-vous en dire plus à ce sujet?

M. Elizondo: Pas pour le moment. Nous devons laisser le processus suivre son cours. Et ce que nous ne voulons pas faire c’est d’être présomptif de toute façon. La dernière chose que nous voulons faire est de sauter aux conclusions prématurément. En fin de compte, les données vont décider ce qu’est quelque chose ou ce qu’ellle n’est pas.

Les matériaux proviennent-ils de diverses sources?

M. Elizondo: C’est juste.

Cela pourrait même venir de personnes qui les ont trouvées au gouvernement?

M. Elizondo: Bien sûr. Remplir les rubriques vides. T.T.S.A. ne se limite pas à l’endroit où il obtient du matériel ou des informations. Dans ce processus, nous devons faire preuve de discernement. Comme je l’ai déjà dit, il y a une différence entre ce qui est vraiment exotique et ce qui est tombé de l’alternateur d’une Cadillac 1984.

Quand j’étais enfant, j’ai vu ce que je croyais être un ovni, je n’oublierai jamais ce moment avec ma mère. Personne ne m’a jamais vraiment cru. L’un de vous a-t-il déjà vu un ovni?

M. DeLonge: J’ai vu des trucs vraiment anormaux une nuit dans le désert, zippant à travers les étoiles, d’horizon à horizon, zigzagant. Cela m’a vraiment bouleversé, car aucun satellite ne bouge de cette façon. Mais je ne peux pas vous dire ce que c’était. Je pense que, comme la plupart des gens, ce que j’ai vu est très courant sur Internet et je parie que certaines de ces choses sont réelles, mais vous ne savez vraiment pas lesquels.

Traduction de Jacky Kozan, le 28 septembre 2019.

Publié par

Jacky Kozan

Fondateur et coordinateur de l'Académie d'Ufologie