Théorie des anciens astronautes par Michel Vanbockestal

Un article de Michel Vanbockestal
fondateur du CERPI
membre de l’Académie d’Ufologie

le 11 septembre 2016

M. Vanbockestal est l’auteur des livres :
Le poltergeist d’Arc-Wattripont – vérité, scandale et désinformation –
Editions Le Temps Présent – Collection Fonction Psi
Les Phénomènes Inexpliqués en Belgique – Editions Jourdan – Collection Obscuria

CERPI
Le Centre d’Etudes et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués
existe depuis 1979

Concernant la proposition d’échanges à propos de la théorie des anciens astronautes, je remercie tous les participants qui se sont manifestés et notamment Michel Turco, Anne-Marie Prieto, Sandrine Fernandez et (sauf erreur, oubli ou omission) Jacky Kozan.

Tous les avis, qui se rejoignent d’ailleurs, m’ont paru pertinents et correspondre à ce que je suppose être la réalité, à en juger par mes propres recherches.

Il y a bien des années d’ici, alors que je me trouvais à un jubilé régional agrémenté d’un spectacle son et lumière riche en effets spéciaux, la féerie qui était présentée me suggéra une remarque que je partageai avec mon épouse : face au déchaînement de décibels, au déluge de lumière et d’effets pyrotechniques, il était évident que si l’un de nos lointains ancêtres avait dû assister à cela il aurait été horrifié (ou émerveillé). Il n’aurait rien compris. Il se serait probablement prosterné devant ce qu’il n’aurait pu attribuer qu’à une manifestation divine. La voix puissante, d’un interlocuteur invisible (car situé en régie), semblable au tonnerre ; une concentration de spots et de rayons laser braqués sur un feuillage en auraient fait un « buisson ardent qui ne se consumait pas » ; la musique tonitruante d’une sono « céleste » ; tout cela aurait largement contribué à renforcer sa confusion.

Si des « êtres venus d’ailleurs » avaient alors visité notre planète, nul doute qu’ils auraient compris le parti qu’ils pouvaient tirer de la situation. Or on a vu qu’il y avait largement assez de place dans notre histoire pour pouvoir y caser plusieurs civilisations successives, qui auraient ensuite disparu (http://www.dailymotion.com/video/x3xhycc ) ou migré, peut-être provisoirement, pour revenir ensuite. D’autres civilisations auraient donc également pu entrer en concurrence et afficher des desseins différents : les uns auraient assujetti les humains pour en faire leurs esclaves, corvéables à merci. (Dans l’une de mes lectures il est question de mines d’or – en d’autres endroits, le même travail de recherches et d’exploitation aurait eu lieu… sur la Lune), les autres auraient entrepris de modifier l’organisme de l’humain via la génétique en vue de son développement. Pourquoi le manichéisme ne serait-il pas répandu au niveau spatial ? Pourquoi d’éventuels ET seraient-ils (tous) de petits saints et ne peut-on concevoir que, là haut aussi, il y ait des bons et des mauvais ?

Mauro Biglino, ancien traducteur du Vatican, semble accorder crédit à cette hypothèse en se basant sur l’étude des textes bibliques. Mais bien entendu on n’est pas obligé de le croire sur parole, à partir de textes eux-mêmes controversés, mettant la foi à contribution.

Comme l’a très bien signalé Jacky Kozan, l’archéologie n’est pas infaillible. La datation au carbone 14 a montré ses limites. Chaque procédé archéologique visant à attribuer une date à des artefacts est sujet à objections et à erreurs. Michel Turco et Jacky Kozan ont montré qu’une (et même plusieurs) civilisations auraient eu le temps, en considérant l’âge de notre planète, de se développer, d’atteindre un très haut niveau technologique et de disparaître, pratiquement sans laisser de traces (voir le documentaire). Mais dans le cas qui nous concerne il était possible de se baser d’une part sur les procédés scientifiques et d’autre part sur les héritages testamentaires à notre disposition, sans toutefois perdre de vue que ces derniers ont au fil du temps subi de nombreuses modifications (volontaires et involontaires) et que leur interprétation s’avère donc hasardeuse.

Sans grande surprise, l’étude archéologique a considérablement mis à mal la stricte historicité des récits bibliques. D’après ceux-ci, certains patriarches notables, tels qu’Abraham, n’auraient probablement même pas existé mais seraient nés du besoin littéraire de tourner une histoire nationale en légende. L’histoire des murs de Jéricho n’aurait été qu’une belle invention étant donné qu’à l’époque concernée la ville n’était même pas habitée… D’autres impératifs se seraient présentés, orientant le mix de ces légendes et de l’histoire réelle afin de créer une religion qui aurait elle-même assuré le comportement général de la population, notamment afin de pouvoir la contrôler.

Pourtant, certains passages de l’ancien testament sont révélateurs et d’une manière très inattendue que l’archéologie est impuissante à contredire. Mais révélateurs de quoi ?

Je ne vais pas ici développer chaque argument car cela nous mènerait trop loin. Cependant, on peut résumer les choses comme ceci, de manière indubitable parce que stipulées par la Bible elle-même et hors de toute interprétation litigieuse (Par exemple, on peut prétendre que les scripteurs de la Bible auraient inventé des manifestations divines afin de marquer les esprits et susciter la foi en un être suprême, mais leur imagination de l’époque – même la plus débridée – pouvait difficilement correspondre trait pour trait et « par hasard » à des manifestations extraterrestres ou spatiales que nous retrouvons en ufologie. Inversement, en évoquant un dieu, des anges, etc. les descriptifs se devaient de demeurer « spirituels » et ne pouvaient pas présenter des caractéristiques humaines ou assimilables) :

Les anges décrits dans l’ancien testament n’étaient aucunement des êtres essentiellement spirituels mais au contraire bien concrets, tangibles, voire « perfectibles » même s’il est clair qu’ils disposaient également de pouvoirs hors du commun, très déroutants pour les gens de l’époque. Concevrait-on en effet qu’un ange (purement spirituel donc et vivant dans le giron du Dieu tout puissant) puisse être fatigué et éprouver le besoin de se reposer, de dormir, de manger, de se laver (notamment les pieds suite à une marche harassante). Comment pourrait-il aussi être surpris, se tromper, voire être vaincu et mourir ? Pire : le Dieu de la Bible semble être lui-même aussi bien mortel, même si son espérance de vie est largement supérieure à la nôtre au point que ses subordonnés peuvent facilement le croire immortel. Voilà des propos qui en étonneront plus d’un mais dont on peut pourtant effectivement trouver la substance dans les écrits dits saints.

On trouve également, dans ce type d’étude, nombre de points totalement incompatibles avec ce que l’on admet généralement de la religion : ainsi Jahvé n’aurait pas du tout été le célibataire endurci que l’on croit connaître et même l’archéologie s’accorde pour lui donner une épouse, en allant jusqu’à la nommer : Ashéra. Qu’importe, direz-vous. Toutefois cela confère à ce Jahvé un caractère bien plus « humain » et proche du « commun des mortels ». Et pourquoi ce dernier, s’il s’agissait d’un dieu à la puissance infinie et omnipotent aurait-il dû utiliser du matériel pour rejoindre sa base ? Pourquoi même ce matériel volant devrait-il faire du bruit (que les anciens décrivaient avec leurs mots, en comparant avec ce qu’ils connaissaient : le bruit de nuées, de tempêtes…) ?

L’étude croisée de l’archéologie et de la Bible démontre également que le célèbre « Prince des ténèbres » mis à toutes les sauces et tous les noms pour décrire l’esprit du mal, soi-disant issu de la chute des anges, était en fait un autre « dieu », entendez un concurrent ou un ennemi de la même nature que son vis-à-vis, mais pas seulement un sous-fifre dissident. Il s’agissait en fait initialement de Baal et de son nom complet Baal-Zébub serait venu celui, déformé, de Belzébuth que chacun comprend comme étant le diable. L’histoire a donc été véhiculée, transformée et déformée sur base d’une mauvaise interprétation renforcée par des impératifs très concrets, parmi lesquels le militaire ne figure pas parmi les moindres !

A l’époque, il existait donc en quelque sorte au moins deux factions armées (laissant parfois derrière elles des paysages facilement comparables à la désolation post-atomique, des tableaux très parlants de conflits mettant à l’œuvre des procédés parfaitement anachroniques, des abductions très bien décrites – avec le vocabulaire disponible s’entend – au moyen d’engins n’ayant rien à voir avec la sphère divine, peut-être la mise à la disposition des humains de moyens de transmission et usant de stratégies propres dépendant d’un agenda particulier assez clairement en relation avec leur milieu d’origine. En effet, l’histoire de l’époque est riche en batailles, conquêtes et exterminations, stabilités provisoires et revirements de situations, que l’archéologie ne peut que confirmer. Schématiquement, on pourrait dire que leur issue dépendait de la faction qui était alors présente, celle de Jahvé semblant prépondérante, Baal prenant la relève en son absence.

L’absence elle-même ne s’accommode absolument pas de l’idée que nous avons de Dieu, qui aurait plus que le don d’ubiquité puisque capable d’être partout en même temps. Voilà donc un curieux « mouvement perpétuel » qui devrait s’arrêter de temps en temps à la pompe pour faire le plein !

On pourrait relever de même des centaines d’arguments allant dans le même sens.

Je ferai donc un gros raccourci par rapport au travail de recherches pour dire que si l’on se base sur les textes de Mauro Biglino le caractère « extraterrestre » (au sens large) de Dieu ne ferait aucun doute.

Le cas échéant, on comprendrait que l’archéologie et la science d’une manière plus générale ne soient guère disposées à entériner cette hypothèse. Cela remettrait trop de choses en question, porterait un coup fatal aux religions monothéistes en provoquant sans doute le chaos, mettrait à mal notre légendaire supériorité anthropocentrique, etc.

Remarquez que je n’ai même pas parlé de pyramides ou d’autres édifices colossaux, ni d’alignements particuliers ou encore de dessins seulement visibles du ciel.

Je terminerai en relevant une expression très fréquente dans l’ancien testament mais qui, à mon sens, colle très mal avec l’idée d’un « dieu », unique (pur esprit, jaloux ( ? Dieu « tout puissant » pourrait-il être jaloux ?), colérique, vindicatif et guerrier dans l’A.T et tout d’amour dans le Nouveau) et beaucoup plus avec la conception de civilisations rivales venant de l’espace. Cette expression est la suivante :

« Toutes les armées du ciel »…

Un dernier point tout de même : la Bible évoque bel et bien la présence de Géants. La seule métaphore est mise à mal par la découverte d’ossements hors normes (souvent réfutée par la science) et si l’on s’y borne il faut alors supposer le cas de personnes « supérieures », à la morphologie très voisine mais aux facultés disproportionnées. Je ne peux pas présumer de l’authenticité des géants en question. Je crois cependant pouvoir remarquer l’augmentation de la taille moyenne de l’Homme au cours de son évolution avec même une accélération de cette augmentation (1960-1990). Voici qui semblerait confirmer la succession de cycles avec les conclusions que l’on pourrait en tirer sur base de l’extrapolation.

La théorie dite « des anciens astronautes » ne me paraît donc pas invraisemblable.

Michel Vanbockestal, le 11 septembre 2016


Michel Vanbockestal est le fondateur du CERPI et l’auteur des livres :
– Le poltergeist d’Arc-Wattripont – vérité, scandale et désinformation –
Editions Le Temps Présent – Collection Fonction Psi
Les Phénomènes Inexpliqués en Belgique – Editions Jourdan – Collection Obscuria

Le CERPI Centre d’Etudes et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués existe depuis 1979

De la collaboration entre science et parapsychologie en ufologie

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Un texte de Michel Vanbockestal

Avril 2016

Je lisais récemment les opinions très différentes à propos de l’opportunité d’étudier également les OVNIS à la lumière de nos connaissances en matière de parapsychologie, phénomènes surnaturels et autres inclassables et non seulement de réaliser une étude essentiellement axée sur la science.  Il est certain que chaque opinion se défend.

La science reste indéniablement une référence solide et probablement même la plus solide dont nous disposions apparemment.  Nous lui devons d’innombrables réalisations et bienfaits, mais peut-être aussi de ces « bienfaits » que l’Homme a récupérés dans le domaine militaire en lui attribuant dès lors des conséquences redoutables.  Parmi celles-ci figure sans doute l’exploitation de l’énergie atomique, laquelle semble intéresser (ou inquiéter) une intelligence que nous supposons très largement avancée, au point d’envisager que nous n’en soyons – comparativement – qu’à nos balbutiements au sein d’une possible multitude de civilisations.  Il est amusant de constater que la science évoluée, qui rejette généralement la parapsychologie, fait paradoxalement parfois de ses sujets autant d’apprentis-sorciers capables du pire et du meilleur.

Si tel devait bien être le cas, nous qui nous trouvons actuellement à l’aube d’un nouveau paradigme, il est concevable que nous devions imaginer que ces civilisations aient connu à de nombreuses reprises de ces bouleversements paradigmatiques.  Par conséquent, les entités que nous nous proposons d’étudier évoluent presque certainement dans des conditions que notre imagination la plus débridée ne pourrait absolument pas concevoir.  Si nous avions à converser avec l’un de ses représentants, outre l’obstacle linguistique (qui pourrait ne plus revêtir aucun sens), ne serions-nous pas aussi désemparés que ces hommes qui vivaient au temps de César et que l’on confronterait à nos contemporains habitués à la télévision et au Smartphone, ayant depuis longtemps marché sur la Lune, capables de détruire des légions entières d’une simple pression du doigt et bien d’autres choses encore qui leur apparaîtraient comme autant de prodiges miraculeux, « surnaturalisables », ce qui aurait fait d’eux des êtres « déifiables » ?

Certes, la science propose un garde fou appréciable évitant les dérives des hypothèses échevelées, un retour parfois rude à des conceptions bien terre à terre, un scepticisme de bon aloi faisant également œuvre de salubrité publique.  Mais nous savons aussi que le vrai n’est quelquefois pas vraisemblable, que la vérité emprunte bien souvent des chemins tortueux, que des conceptions scientifiques considérées jadis encore comme immuables ont dû être complètement revues et que les avancées de la physique quantique semblent relever d’une science-fiction inacceptable.  Et pourtant vraie !  En outre, la science a aussi connu des imposteurs dans ses rangs.

Ne constate-t-on pas aussi que la science, un terme générique qui désigne en fait de très nombreuses disciplines dont l’interprétation peut s’avérer très différente parce qu’envisageant un autre aspect contextuel, s’immisce de plus en plus dans la philosophie après s’en être pourtant départie ?  Or, le terme « philosophie » sert également de synonyme au mot « religion » ou « confession » ne serait-ce peut-être que parce que sa signification aboutit à un « amour de la sagesse » qui pourrait tout aussi bien être « sagesse de l’amour ».  Mais l’amour a-t-il un intérêt quelconque aux yeux de la science, en dehors de son aspect biologique réductible à la relation sexuelle, la reproduction ?  Car si l’on veut parler d’amour comme d’un sentiment, il faudrait alors plutôt faire référence aux sciences humaines et l’on changerait de territoire.  Cependant, les sciences humaines et sociales interagissent avec les sciences dites dures, la médecine est loin de n’être que scientifique tout en se basant sur de l’expérimental et de l’empirique.  Cela me semble démontrer que l’Homme ne peut s’étudier à la seule lumière d’une compétence, au travers d’un seul filtre ou grille de lecture, mais qu’il relève plutôt d’un ensemble kaléidoscopique très singulier.  Je ne pense pas qu’il soit anthropocentrique de considérer qu’il puisse en aller de même pour des civilisations extérieures.  C’est possible, mais nous n’en savons rien.

En partant du principe que l’objet de notre étude ne permet encore aucune conclusion définitive puisque nous ne savons toujours pas avec certitude ce que sont les OVNIS, que nous en sommes toujours réduits à émettre des hypothèses, le recours à la multidisciplinarité ou l’interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité dont parle notre consœur Sylvie Joubert dans son excellent ouvrage « Coprésence, le manifeste de Möbius » me paraît tout indiqué.

Le danger réside dans la priorité que nous voudrions accorder à l’une des disciplines envisagées, en perdant de vue qu’elles pourraient être complémentaires ou – au contraire – générer des conclusions qui ne rendraient compte que d’un aspect, éventuellement observable seulement de manière sporadique.  Même si l’élargissement des moyens mis à notre disposition pour étudier le phénomène OVNI en y adjoignant des compétences souvent discréditées (mais aussi sur base de quels apriorismes !) peut faire craindre de se disperser, ne serait-ce pas aussi un procédé légitime en réponse à l’une des caractéristiques ovniennes principales, à savoir l’art du camouflage, du mimétisme ou de l’homochromie et, précisément, du discrédit ?

Une autre manière de considérer la question serait de revenir sur la différence énorme d’avance scientifique, technologique… etc. bref : paradigmatique, qui placerait l’objet de notre étude hors de portée de notre compréhension.  Quelle chance aurions-nous, dès lors, d’appréhender le phénomène ou ses sujets ?  (Le verbe appréhender a trois significations : prendre, craindre et comprendre, ce qui devrait se méditer).  Cette chance pourrait être tout simplement nulle.  Mais peut-être aussi présenterait-elle un faible pourcentage de réussite.  Dans ce cas, il apparaîtrait clair que, pour aboutir, la vision que nous devrions en avoir ne pourrait qu’être le fruit de la collaboration des yeux de multiples compétences, en vertu de leurs disparités.

Nous savons désormais que notre entourage ne nous renvoie que l’image d’une réalité très illusoire, laquelle nous apparaît comme telle car – finalement – cela sert parfaitement nos intérêts immédiats.  Mais tout peut dépendre du type de réalité, macroscopique ou microscopique, que nous désirons observer et il est certain que, le cas échéant, cela influencerait l’enseignement que nous pourrions en tirer.

Finalement, le consensus dépendrait du meilleur choix que nous puissions opérer dans le champ des possibles, à condition que ce dernier soit assez étendu et que nous puissions au besoin focaliser sur l’essentiel de manière à ne pas nous laisser leurrer par les apparences.  Pour poursuivre dans la métaphore, de nombreuses mises au point s’imposeraient.  Mais elles ne seraient réalisables qu’à condition de disposer de toutes les lentilles.

Les cas de poltergeist sont a priori totalement incompatibles avec les considérations ufologiques.  A première vue, on n’y décèle aucun rapport.  Je puis pourtant vous garantir que dans le cas d’Arc-Wattripont, que j’ai particulièrement étudié avec mon association, il a rarement été possible d’y trouver autant de connotations clairement ufologiques, même si celles-ci n’apparaissaient pas au premier regard.

Dans cette affaire, le milieu scientifique ne pouvait admettre que la simple supercherie.  Cette éventualité une fois écartée, le même milieu ne pouvait plus qu’envisager et calculer les sources possibles d’énergie  sans que cela permette de trouver le mécanisme qui régissait les phénomènes.  L’exorciste et le psychanalyste ne pouvaient à leur tour qu’appréhender l’une des facettes de l’énigme.  Dans un cas au moins, l’une de ces interventions a contribué à renforcer la problématique au lieu de la résoudre.   Les représentants de la loi ne pouvaient que constater et partir à la recherche de causes finalement très superficielles, sans les trouver non plus, avant de s’embarrasser dans les considérations judiciaires et administratives.  Des démonologues ont permis de comprendre qu’il n’existait aucune possession démoniaque.  Dès lors, on savait au moins ce que ce n’était pas mais on ne savait toujours pas ce que c’était !  Un médecin a pu mettre en évidence « l’effet blouse blanche » tandis que nous n’avions pas accès au dossier médical mais que nous pouvions exclure la pathologie mentale.  Bref : nous tournions en rond.  Aucun des spécialistes n’avait été déterminant.  Pourtant, le travail de chacun, dans des optiques souvent très différentes, a été utile.  Même les erreurs permettaient de procéder par élimination.  Finalement, nous avons dégagé l’hypothèse la moins invraisemblable, laquelle présentait – en plus – l’avantage de rendre compte des différentes hypothèses préexistantes, même celle du scepticisme.  Comble du fin, la supercherie s’intégrait dans la solution sans la contredire et dans une logique inattaquable !  Cerise sur le gâteau, une fois que tout ce travail fut fait, l’hypothèse ufologique est apparue, de plus en plus évidente, mais en présentant l’énorme inconvénient d’aboutir à une référence circulaire.

Voilà qui me paraît faire la démonstration éclatante de l’intérêt du rapprochement pluridisciplinaire en reconnaissant l’insuffisance de l’un quelconque des représentants pris séparément.  Chacun a apporté sa pierre à l’édifice, la principale difficulté réside finalement dans l’art de rassembler les pièces du puzzle en un tout cohérent.  Or, en l’absence d’un seul élément, l’image finale ne pouvait ni être validée ni se cristalliser en une réalité valablement observable.

Dans l’exemple que je viens de citer, on peut facilement comprendre que, confrontés à un puzzle véritable, classique, nous disposons de la faculté de reconstituer, de visualiser mentalement, virtuellement, l’image finale.  Cela provient de ce que cette image appartient à nos connaissances intégrées auxquelles il nous est facile de faire appel, parce qu’elles font partie de notre paradigme.  A la lumière de ce qui a été dit plus haut, on peut comprendre que ce n’est pas forcément le cas en ufologie.  Dès lors, la juxtaposition des différentes compétences devient ipso facto indispensable.

En conclusion, science et parapsychologie se heurtent à l’échec par leurs propres limites.  Mais le travail, les connaissances et les erreurs des uns et des autres, mis en corrélation, ouvrent curieusement une porte de sortie qui mène à une solution séduisante.  Les écueils à éviter résident dans le sectarisme et l’étroitesse d’esprit et l’art dans le dosage de la rigueur et de la permissivité.

M.Vanbockestal, (fondateur du CERPI). Avril 2016.

Auteur des livres :

Le poltergeist d’Arc-Wattripont – vérité, scandale et désinformation
(Editions Le Temps Présent – Collection Fonction Psi)

et :

Les Phénomènes Inexpliqués en Belgique
(Editions Jourdan – Collection Obscuria)

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Le Centre d’Études et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués existe depuis 1979
http://www.cerpi-officiel.be