CONTACT TERRIEN – ETI : aspects juridiques et prospectifs

Par Perrine BARTHOMEUF
Avocat, Docteur en droit

décembre 2017

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“L'homme-individu est essentiellement famille, tribu, nation. Tandis que 
l'humanité, elle, n'a pas encore trouvé autour de soi d'autres Humanités pour se pencher sur elle et lui expliquer où elle va. »

Le père Theilhard de Chardin oubliait certainement nos frères galactiques…

1 – Les recherches portant sur « l’hypothèse extraterrestre 1 » sont toujours abordées sur la pointe des pieds, de peur d’être « exclues du champs du savoir recommandable 2 ». A croire que pour pouvoir étudier les phénomènes OVNI, il faille obtenir un permis de bonne conduite scientifique, unique passeport jugé sérieux pour conduire des recherches dans ce domaine. C’est ainsi que l’hypothèse de l’existence d’intelligence extraterrestre est étudiée sous l’angle rassurant des systèmes probabilistes, telle que l’équation 3 par trop simpliste et totalement inopérante de Drake ou encore selon des « stratégies scientifiques 4 » dont aucune n’a jusqu’alors produit le moindre résultat.

Les stratégies scientifiques développées au service de l’ufologie consistent :
– soit, à sonder l’univers à la recherche de signes de vie. Concrètement, il s’agit d’envoyer des signaux dans l’espace et d’attendre patiemment la réponse des extraterrestres…(programme SETI) 5 .
– soit, à « approfondir la compréhension que nous avons de notre planète et des conditions d’apparition de la vie 6 » afin de dégager des principes universels pour tous les êtres vivants. Ces études ont été appuyées par la découverte des exoplanètes, vers la fin des années 1990, relançant les spéculations sur l’existence de planètes abritant la vie.

2 – De telles méthodes fondées sur la science, la rationalité, la recherche de preuves matérielles échouent dans la démonstration de l’existence d’une vie biologique extraterrestre, puisque dans ce domaine, on sait par expérience ou ne sait pas.
La somme des témoignages recueillis depuis des siècles sur le phénomène OVNI, les ouvertures de conscience vécues par les expérienceurs, l’intérêt porté par les gouvernements à l’hypothèse E-T, nos intimes convictions en la matière, sont autant d’éléments qui appuient la réalité du phénomène OVNI et légitiment un positionnement de la société civile sur les implications politico-juridiques d’un contact Humain- Aliène.
A tout le moins, la communauté internationale dans son ensemble devrait considérer cette hypothèse comme un objet d’étude digne d’intérêt dans la mesure où les cas d’observations de PAN ou de contact avec des entités aliènes sont en augmentation croissante ces dernières décennies.

3 – Cette augmentation résulte principalement de deux facteurs : d’une part, le développement de l’énergie atomique et d’autre part, l’accès de l’homme à l’espace.

– Les sites nucléaires civils et militaires sont régulièrement visités. On constate une corrélation entre l’augmentation du nombre d’observations d’OVNI et le développement de l’armement et des centrales nucléaires. Les raisons invoquées au soutien de ce phénomène sont les suivantes : -l’activité nucléaire est perçue comme une menace par les ET ; – les extra-temporels souhaitent nous protéger de nous-mêmes afin que notre humanité ne s’abîme dans un conflit nucléaire – il existerait une loi physique qui relierait activité nucléaire et observation de PAN, en ce sens que les explosions nucléaires entraineraient une matérialisation subite et non désirée des vaisseaux ET 7 . Comme si le fait de fissurer le noyau d’un atome générait une perturbation au sein d’un espace-temps parallèle, lieu de vie d’entités aliènes.

– La multiplication des vols spatiaux en orbite basse a également contribué à attiser la curiosité des vaisseaux aliènes. Nombreux sont les témoignages des astronautes qui estiment avoir été suivis durant leur voyage orbital.

Le 19 septembre 2006, lors de la mission STS 115 la navette ATLANTIS ne peut effectuer sa rentrée atmosphérique et doit attendre 24 heures en raison d’un objet qui interfère avec sa trajectoire. L’objet la suit depuis plusieurs heures. Aucune explication officielle n’a jamais été donnée par la NASA. En conférence de presse, l’astronaute du vol, Mary Anne Stefany Shyn-Piper perd littéralement ses moyens et s’évanouit 8 en tentant d’expliquer ce qui s’était passé.

Elle n’est pas la seule, nombre d’astronautes auraient été confrontés à des ovnis et/ou à des présences extra-terrestres. Là où certains, comme Edgard MITCHELL, ont tenté d’avertir le public, d’autres préfèrent se murer dans le silence par peur de représailles.

4 – Il est temps de réfléchir au cadre juridique d’un éventuel contact avec des entités ET.

Une telle démarche se fait d’autant plus pressante qu’une nouvelle ère s’ouvre pour l’homme : celle de l’humanisation du cosmos. En effet, une habitation permanente et autosuffisante de l’espace s’impose dans un contexte de surpopulation et de raréfaction des ressources terrestres.

L’humanisation de l’espace entrainera inévitablement une multiplication des contacts.

5 – Envisager les rapports juridiques entre humains et entités aliènes suppose, au préalable, de définir l’ordre juridique auquel sera rattaché ce rapport de droit.

Il convient de différencier selon que le contact ait lieu au sein du champ gravitationnel terrestre ou au sein d’un Espace-Temps (E-T) de densité temporelle supérieure.

L’espace-Temps terrien correspond à la zone de la plus grande Terre. La Greater Earth désigne une région sphérique de l’espace 9 , centrée sur la Terre, où l’influence gravitationnelle de notre planète domine les mouvements de n’importe quel objet. Cette zone constitue physiquement le périmètre naturel de la Terre et juridiquement un espace sous domination terrienne.

Elle est le siège d’un ordre juridique terrien.

Le droit terrien a vocation à s’appliquer au sein de la Greater Earth, il s’inscrit dans une temporalité limitée à celle d’un être humain et à la dimension présente et s’applique à l’égard des hommes et éventuellement d’entités aliènes incarnées au sein de ce même espace-temps.

Au-delà de cette zone, libéré du champ gravitationnel terrestre, l’humain s’incarne au sein d’un espace-temps de densité temporelle supérieure. Les hommes vivent une augmentation de conscience, font l’expérience de l’unité au point de s’incarner en une nouvelle personne : l’Humanité. « La conscience (alors) s’expanse au-delà du corps et surgit un sentiment d’interdépendance mystique avec le monde extérieur, jaillissant des tréfonds du corps et se manifestant sous la forme d’une conscience sensorielle aigüe et d’une force relâchée et illimitée (…) Le temps semble se démultiplier et l’on peut voir lentement arriver les menaces et y parer avec calme et détachement 10 » . Le temps se dilate, les distance se raccourcissent, la matérialité disparait : l’humain s’incarne ou se désincarne au sein d’un autre espace-temps, il devient l’humanité incarnée. Tous ceux qui ont vécu ce type d’ascension spatiotemporelle (voyageurs de l’astral, astronautes, méditants, saints) partagent ce sentiment de connexion avec quelque chose de plus grand que soi, le divin, l’univers et tous manifestent un besoin d’être connecté à soi-même et à la « Source ».

Autrement dit, si au sein de l’espace-temps terrien, soumis au champ gravitationnel terrestre, l’humain apparaît incarné dans une multitude d’hommes, en revanche élevé au cosmos l’humain fait l’expérience de l’unité, pour devenir une personne unique : l’Humanité.

Ce changement de dimension spatio-temporelle implique un changement de dimension normative : l’ordre terrien cède la place à un ordre cosmique. Les contacts humanité-alienité se feront non pas dans un tête à tête mais dans un conscience à conscience.

6 – L’hypothèse d’un contact avec l’Autre doit s’envisager dans une valorisation des identités respectives. Nul ne saurait devenir le martyr ou le bourreau de l’autre.

Un contact avec une entité aliène au sein de la GE sera rattaché à l’ordre juridique terrien (I) tandis qu’un contact au sein d’un E-T supérieur sera rattaché à un ordre juridique cosmique(II) dont il s’agit de définir les contours respectifs.

 

I – CONTACT HOMME-ENTITE ALIENE AU SEIN DE LA PLUS GRANDE TERRE

La communauté des ufologues a toujours été favorable à l’adoption et à la mise en œuvre d’un protocole à suivre en cas de contact avec des ET. L’objectif consiste à traiter efficacement un signal ou un contact au niveau international tout en évitant de générer un climat de stress et de panique au sein des populations(A). Passée la phase de détection, il convient de réfléchir, de manière prospective, aux normes transnationales susceptibles d’encadrer le rapport de droit entre un humain et une entité intelligente aliène, de sorte que chaque individu et/ou chaque collectivité humaine (Etats, etc.) connaissent ses droits et devoirs face à une ETI(B).

A – PROCEDURE A SUIVRE EN CAS DE CONTACT : PORTOCOLE POST-DETECTION

Dans le cadre du programme SETI, l’Académie Internationale d’Astronautique a élaboré un protocole post-détection à suivre en cas de détection d’un signal extra-terrestre par un individu ou une collectivité.

Celui-ci consiste en 9 principes : 11

1 – Des consultations internationales devront être organisées afin d’envisager l’opportunité de l’envoi d’un message aux civilisations extraterrestres.
2 – Les consultations relatives à l’envoi ou non d’une réponse et sur le contenu de cette dernière doivent s’effectuer par le COPUOS 12 en consultation avec les organisations gouvernementales et non gouvernementales intéressées.
3 – Ces consultations sont ouvertes à la participation de tous les États intéressés et sont destinées à aboutir à des recommandations reflétant un consensus.
4 – Il revient à l’Assemblée générale des Nations Unies de prendre la décision d’envoyer ou non un message à l’intelligence extraterrestre et d’en déterminer le contenu sur la base des recommandations du COPUOS
5 – Si une décision est prise d’envoyer un message à l’intelligence extraterrestre, elle sera envoyée au nom de l’humanité, tout entière
6 – Le contenu du message doit garantir la préservation des intérêts l’humanité. Le contenu du message devra être mis à la disposition du public et libre de consultation
7 – (…)
8 – Il est fait défense aux Etats d’entrer en communication avec des ETI sans consultation préalable de la communauté internationale
9 – les États signataires de la présente Déclaration et les organismes des Nations unies doivent faire appel le plus largement possible à l’expertise de scientifiques, d’universitaires et d’autres personnes reconnus dans ce domaine.

Ce protocole poursuit un triple objectif : vérifier la provenance extraterrestre du signal, éviter tout phénomène de panique au sein des populations et, traiter l’information à l’échelle internationale en prenant soin que les réponses soient apportées au nom de l’humanité tout entière et dans l’intérêt de l’humanité tout entière.

Toutefois, on peut s’interroger sur la pertinence de telles procédures post-détection au regard de deux arguments souvent avancés : d’une part, les entités aliènes semblent privilégier les contacts intimistes d’individus à individus, et d’autre part, les contacts dits « collectifs » demeurent, aux dires de certains ufologues, captifs de la compétence ou plutôt de « l’omerta » des États.

La rencontre avec l’autre provoquera un choc identitaire permettant à l’Humanité de mieux se comprendre, de connaître sa nature profonde.

Afin de se préparer au contact, l’humanité doit s’interroger sur les droits fondamentaux des hommes opposables aux ETI (extraterrestrial Intelligence).

B – LE CADRE JURIDIQUE RÉGISSANT LES RAPPORTS ENTRE LES HOMMES ET LES ENTITÉS ALIÈNES INTELLIGENTES

Le droit terrien a vocation à régir des faits de conduite homme-aliène qui se situent au sein de l’espace-temps terrien. Il convient de définir le domaine de validité du droit terrien inter-aliène (1), avant d’en envisager le contenu (2).

1 – Domaine de validité du droit terrien inter-aliène
Envisager un rapport de droit entre des hommes et des entités aliènes implique, comme préalable, que les consciences s’incarnent au sein d’un même espace-temps. L’accord inter-aliène supposent que les entités aliènes soient situées au sein de la Greater Earth. Ceci pour deux raisons essentielles : la première tenant au fait qu’un rapport intersubjectif ne peut intervenir que si les parties partagent le même espace et le même temps et la seconde consistant dans la situation d’égalité des parties ; de rapport entre semblables. Ceci signifie que l’Autre prend sens uniquement s’il est reconnaissable comme une conscience perceptive semblable. Ainsi, « en considérant l’autre de façon conséquente comme un être raisonnable et libre, je reconnais sa sphère de liberté et, en retour, auto-limite la mienne. De la réciprocité de traitement et d’influence se déduit , 2 | 2008, mis en ligne le 16 décembre 2009, consulté le 02 novembre 2013. URL : http://trajectoires.revues.org/209′]une relation de nature juridique 13 ».

Il en résulte que le domaine de validité du droit terrien interaliène est le suivant :

Domaine de validité territorial : Le domaine de validité spatial d’un ordre juridique est « l’espace pour lequel valent les normes de cet ordre juridique, c’est-à-dire la sphère dans laquelle les faits-conditions doivent être réalisés pour que la conséquence de droit doive se produire d’après la norme juridique, ou le territoire à l’intérieur duquel devra être réalisée, le cas échéant, la conséquence de droit ». Le droit interaliène terrien n’est valable qu’au sein de la zone de la plus Grande Terre, limité par le champ gravitationnel terrestre.

Domaine de validité temporel : Il s’agit de « la période pendant laquelle la norme est applicable en tant que telle est le domaine de validité temporel de cette norme 14 ». Une norme peut être valable pour une durée prédéterminée mais il se peut également qu’elle reste valable jusqu’à ce qu’elle soit abrogée par une norme postérieure. Ici, le droit inter-aliène terrien s’inscrit dans une temporalité limitée à celle des hommes et à la dimension présente. Elle est e temps propre généré par le champ gravitationnel terrestre.

Le domaine de validité personnel vient préciser les destinataires directs de la norme de droit inter-aliène terrien, c’est-à-dire les individus à l’égard desquels la norme est valable. En l’espèce, seuls seront concernés les hommes et toutes entités aliènes à la condition qu’elle soit incarnée au sein de notre espace-temps terrien.

Il convient d’envisager quelles pourraient être les grandes lignes du droit terrien inter-aliène.

2 – Jalons pour un droit terrien inter-aliène au sein de la Greater Earth

Les droits de l’homme constituent le socle de notre modernité politique et anthropologique dans la mesure où ils participent de notre idée de l’être humain. De la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 à la Déclaration Universelle de 1948, les droits humains revêtent une dimension éthique, humaniste, rationnel et laïque. Ils sont les marqueurs de l’identité humaine ; et représentent les droits inaliénables de chaque homme.

Aussi, envisagés dans le cadre d’une relation homme-ETI, les droits de l’homme doivent être opposables aux entités aliènes.

Les droits fondamentaux humains opposables aux aliènes pourraient comprendre les droits de l’homme et certains droit assurant la protection de notre environnement terrien étendu à la Greater Earth.

Le droit terrien inter-aliène pourrait contenir les principes suivants (dont la liste n’est pas exhaustive) divisé en deux parties respectivement relatives aux droits individuels et aux droits collectifs :

Les droits individuels :

– Le principe du droit à la vie « Tout individu a droit à la vie ».

Le principe de la liberté: « Tous les êtres humains et entités aliènes sont libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité 15 ».

– Le principe du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique (aliène ou humain) et au respect de celle-ci.

– Le principe du respect de la vie privée : «Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes 16 ».

– Le principe de la liberté de pensée et de conscience : «Toute personne a le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion 17 ». Les ETI ne doivent pas interférer dans notre processus de réflexions et de choix personnels. PA sde soumission intellectuelle.

– Le droit à l’évolution et le droit au refus de l’évolution (posthumanisme, hybridation, etc.).

– Le droit au respect du corps humain 18 et le principe de l’inviolabilité du corps humain « Aucune puissance extraterrestre ne prendra, ne possèdera, ou ne manipulera du matériel biologique ou génétique humain pour quelque raison que ce soit 19 ».

Les droits collectifs :

– Le principe de la souveraineté. Le Peuple terrien est souverain et indépendant. « Aucune force extraterrestre n’enfreindra ou n’abrogera la souveraineté humaine de cette planète 20 ».

– La Greater-Earth constitue le territoire, siège de la souveraineté du peuple terrien. « La Greater Earth demeure libre d’intervention, d’occupation ou d’exploitation, à la fois mentales et physiques extraterrestres sauf consentement express du Peuple terrien 21 ».

– Le principe de navigation pacifique au sein de la Greater Earth.

– Le principe de la primauté de la Loi Terrienne au sein de la Greater Earth

– Le principe de respect de l’identité et de l’intégrité de chaque espèce consciente

– Le principe de non-contamination de l’environnement terrien. Eviter toute contamination ainsi que des modifications nocives de la Greater Earth résultant de l’introduction de substances extra-terrestres.

Les ETI peuvent disposer de leur propre système juridique. Le rapport de droit présente donc un élément d’extranéité susceptible de mettre en concurrence loi terrienne et loi aliène. Dès lors, certaines hypothèses donneront lieu à des conflits de loi.

Il est parfaitement concevable de faire primer la loi terrienne sur toute autre loi aliène dans la mesure où les rapports de droit se nouent au sein de la Greater Earth. Toutefois, par exception, certains droits aliènes portant notamment sur le statut même des ETI pourront primer sur le droit terrien en ce qu’ils assurent et garantissent la protection de l’identité aliène.

II – HYPOTHESE DE CONTACT EN DEHORS DE LA PLUS GRANDE TERRE

Libéré du champ gravitationnel terrestre, l’humain se dilate aux dimensions d’un espace-temps de densité temporelle supérieure. Les hommes abandonnent ainsi leur nature terrienne pour devenir véritablement humain. L’Humanité et les hommes sont fondamentalement le même être ; seule change l’échelle fractale de perception. Autrement dit, « nous sommes le même humain dans un autre espacetemps. Cet humain se nomme Humanité 22 ».

Libéré du champ gravitationnel terrestre, l’humain retrouve son unité.

Qu’en sera-t-il des rapports entre l’humanité et toute forme extraterrestre d’altérité au sein d’un référentiel spatio-temporel supérieur?

Rappelons que toute intersubjectivité nécessite le partage d’un même espace-temps.

Aussi le droit cosmique a vocation à régir des faits de conduite inter-aliène qui se situent dans un temps et un espace différent de l’espace-temps propre au référentiel terrien.

Le domaine de validité du droit cosmique est différent du droit terrien.

Le droit cosmique n’est valable qu’au sein de la fractale « cosmique », qui représente un espace-temps parallèle à l’espace-temps terrien.

Au sein de la fractale cosmique, la matérialité disparaît tandis que la temporalité se dilate.

Ainsi, si le droit terrien s’inscrit dans une temporalité limitée à celle des hommes et à la dimension présente ; le droit cosmique s’étend, quant à lui, à celle de l’Humanité, c’est-à-dire qu’il présente une temporalité incluant les générations passées, présentes et futures. Cette dilatation temporelle est visible notamment, pour les crimes contre l’humanité en ce qu’ils sont imprescriptibles par nature car l’humanité, victime, est par définition intemporelle 23 . L’Humanité apparaît sous la forme dématérialisée de formes pensées.
Incarnée au sein de la fractale cosmique, l’Humanité apparaît comme une personne juridique, dotée de la capacité d’agir et susceptible d’entrer en contact avec des entités aliènes de même nature. C’est cette relation HUAMNITE-ALIENITE que l’ordre cosmique tend à régir.

Le pacte cosmique découlerait ainsi d’un contrat social entre Humanité et Altérité extraterrestre, reposant expressément sur la volonté des acteurs et garantissant la liberté entre toutes les entités occupantes du cosmos. Ce pacte se calquerait de manière homothétique, sur le schéma des théories contractualistes 24 impliquant de « trouver une forme d’association par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste ainsi aussi libre qu’auparavant 25 ».

Pour l’heure, il nous est impossible de définir les lignes directrices du droit positif cosmique pour deux raisons principales :
Premièrement, le droit cosmique s’inscrit fondamentalement dans une fractale spatio-temporelle à laquelle, l’homme et plus largement la communauté internationale n’a pas accès. Pourquoi ? Parce qu’en tant hommes, nous sommes un des composants de l’humanité. Appréhender l’humanité dans son ensemble nécessiterait de s’extraire de notre espace-temps pour accéder à des densités supérieures.

Deuxièmement, le droit cosmique découlera d’un contractualisme entre deux ou plusieurs entités conscientes et volontaires, à savoir, d’un côté, l’Humanité et de l’autre côté, l’Aliénité, toutes deux prises respectivement dans leur unité.
Ces entités sont des consciences augmentées, ont accès à de grande quantités d’informations et possèdent probablement une éthique qui est sans commune mesure avec celles des hommes, prisonniers de l’incarnation et victimes de la division.

L’Humanité, existant en tant que personne, doit achever sa quête d’identité, savoir qui elle est, afin de pouvoir décider de ses droits et de ses devoirs.

Depuis notre référentiel terrien, il demeure, toutefois, possible de réfléchir à ce que pourrait être le droit naturel de l’humanité.

Le droit naturel tend à formuler des principes intangibles, immuables, qui échappent aux fluctuations de l’histoire et des mœurs. Il consiste en un droit fondé uniquement sur l’appartenance des hommes à une même humanité, au genre humain et non un droit façonné par la société des hommes.

L’humanité est comme un seul homme 26 , mais élevée à une densité temporelle supérieure, il en résulte que le droit naturel de l’Humanité présente nécessairement une construction homothétique au jus naturale tel que révélé chez l’homme depuis le référentiel terrestre. Un tel schéma réconcilie les dimensions immanente et transcendante de l’humanité puisque l’homme et l’humanité sont le même être mais inscrit au sein de fractales différentes : en chaque homme, l’humanité (immanence) ; en l’humanité, chaque homme (transcendance).

Le droit naturel de l’homme est-il le même que le droit naturel de l’humanité ? Oui et non

– Oui car l’Humanité et les hommes partagent la même nature, les mêmes caractères fondamentaux et la même fin dans la mesure où ils sont fondamentalement le même être.
– Non car si la nature de l’homme se confond avec celle de l’Humanité, en revanche, les sens physiques et psychiques des hommes sont adaptés à l’espace-temps terrien. Tel est ce qui différencie l’humain de l’Humanité. Le droit naturel se compose de préceptes que découvre la raison humaine dans sa démarche déductive 27 , or la raison est ancrée et limitée par l’espace-temps dans lequel elle s’inscrit. L’homme ne peut comprendre dans sa totalité la nature profonde de l’humanité (droit naturel cosmique, droit divin), il ne peut la découvrir par lui-même, que partiellement, par le droit naturel (terrien).

Il reste à cerner les contours du droit naturel de l’humanité.

L’Humanité, en tant que personne dispose donc de droits naturels et imprescriptibles parmi lesquels figurent naturellement la vie, la liberté et le patrimoine.

Le droit naturel de l’Humanité à la vie est composé tant du droit à la conservation que du droit à l’unité du genre humain.

Le droit à la conservation a pour finalité la perpétuation de l’Humanité en tant qu’espèce. Il relève du droit et non du fait car bien que l’Humanité dispose d’un droit à l’existence, elle a surtout le devoir de continuer à exister 28 . Le droit à l’unicité a, quant à lui, pour finalité l’intégrité de l’Humanité, c’est-à-dire l’interdiction de toute privation de l’humanité d’une de ses parties ou de toute division de l’humanité en sous espèces 29 .

Le droit de l’Humanité à la liberté (incluant la liberté de pensée et de conscience, etc…) est un droit fondamental qui renvoie expressément à l’aptitude de l’Humanité à exercer sa volonté, c’est à dire à être en capacité de choisir et de faire. Elle est l’expression de l’individualité. C’est parce que l’Humanité demeure un être libre, qu’elle est reconnue comme une personne juridique sur la scène cosmique 30 . L’exercice de cette liberté n’aura de bornes que celles qui assurent aux autres entités extraterrestres la jouissance de ces mêmes droits sur la scène cosmique.

La liberté apparaît fondamentalement indissociable de la responsabilité : l’Humanité sera tenue de répondre de ses actes devant les entités aliènes

Le droit au patrimoine est un droit fondamental en ce qu’il assure la conservation de la vie et représente fondamentalement une sphère de souveraineté individuelle inviolable pour l’Humanité. Le patrimoine s’entend de l’ensemble des droits, des biens et des obligations d’une personne. L’article 11 de l’Accord sur la Lune dispose que les corps célestes, orbites et trajectoires en direction de ces corps constituent le patrimoine commun de l’humanité, en ce sens, la zone de la plus grande Terre constitue à la fois sa propriété mais également « l’espace matériel » marquant l’identité propre de l’Humanité 31 .

Les droits naturels de l’Humanité sont, par essence, opposables à l’ensemble des ETI partageant le même espace-temps cosmique. De même, les ETI pourront faire valoir leurs droits naturels propres. De ces concessions réciproques découlera un droit cosmique positif garantissant l’harmonie des relations entre toutes les formes de consciences peuplant le cosmos.

L’histoire ne fait que commencer…………

Perrine BARTHOMEUF, le 12 décembre 2017

Notes références:
1 – Les termes extraterrestre et extratemporel seront employés indifféremment pour désigner les aliènes, quand bien même, nous soutenons que le terme extratemporel correspond mieux à une vision fractale de l’Univers. Les aliènes sont dans un autre temps, c’est-à-dire au sein d’une autre densité temporelle et non pas seulement « ailleurs que sur Terre ». Voy. E. Julien, La science des extraterrestres, Op. Cit.

2 – W. STOCZKOWSKI, Des hommes, des dieux et des extraterrestres : ethnologie d’une croyance moderne, Paris, Flammarion, 1999, p. 348-355.

3 – N = R x fp x ne x fl x fi x fc x L
où :
R : nombre d’étoiles dans la voie lactée ;
fp : pourcentage d’étoiles ayant des planètes ;
ne : pourcentage de planètes favorables à la vie ;
fl : pourcentage de planètes où la vie est apparue ;
fi : pourcentage de planètes où l’intelligence est apparue ;
fc : pourcentage de planètes où une civilisation technologique est apparue ;
L : durée de vie moyenne d’une civilisation technologique (exprimée en années).
Telle est l’équation présentée par l’astronome Francis Drake3, exprimant le nombre N de civilisations susceptibles d’exister au sein de notre Voie Lactée3. Celui-ci ne pouvant se résoudre à la solitude de l’Humanité….

4 – J. R Primack, N. E. Abrams, Destin cosmique- Pourquoi la nouvelle cosmologie place l’homme au centre de l’univers, éd. Rober Laffont, Paris, 2008, 399 p., p. 222.

5 – Si, au départ, la NASA a soutenu le projet, rapidement et dans un éclair de lucidité, le congrès américain y a mis un terme en 19925. Le programme SETI5 est dorénavant géré par une association privée à but non lucratif basée en Californie. Son objet se définit comme suit : « explorer, comprendre et expliquer l’origine, la nature et l’importance de la vie dans l’univers ». SETI n’a pas encore découvert le moindre signe d’intelligence extraterrestre, mais selon la formule de leurs dévoués partisans : « l’absence de preuve ne constitue pas une preuve d’absence ». Les opposants (scientifiques, philosophes ou politiciens) au programme SETI font valoir que celui-ci utilise un outil anthropocentrique d’un âge révolu : est-il raisonnable de penser que les extraterrestres utilisent la radioastronomie pour toute forme de communications ? Et quand bien même, se pourrait-il, sachant que notre galaxie s’étend sur plus de 100 000 al, que nous puissions recevoir leurs signaux, aujourd’hui ? Cela impliquerait qu’ils les aient envoyés autant d’années que le nombre d’années-lumière qui les sépare de nous….

6 – J. R Primack, N. E. Abrams, Destin cosmique- Pourquoi la nouvelle cosmologie place l’homme au centre de l’univers, Op. Cit.p. 222.

7 – Eric JULIEN, Enfants des Étoiles, Éditions JMG, 2006, p.251.

8 – http://homme-et-espace.over-blog.com/2015/04/les-femmes-dans-l-espace-et-face-aux-ovnis.html

9 – Zone dont le rayon est estimé à environ 1,5 millions de Km

10 – M-A Deschamps, Corps et extase, éd. Guy Trénadiel, 1990, 251 p.

11 – http://www.setileague.org/iaaseti/reply.htm

12 – Committee on the Peaceful Uses of Outer Space (COPUOS)

13 – Isabelle Aubert, « Sujet et intersubjectivité », Trajectoires [En ligne], 2 | 2008, mis en ligne le 16 décembre 2009, consulté le 02 novembre 2013. URL : http://trajectoires.revues.org/209

14 – J. A. Barberis, « … », Recueil des cours, 1992,

15 – Art. 1 DUDH

16 – Art. 12 DUDH

17 – Art. 18 DUDH

18 – Art. 16-1 loi n° 94-653 du 29 juillet 1994 relative au respect du corps humain.

19 – http://www.humansovereignty.org/fr/index.htm

20 – http://www.humansovereignty.org/fr/index.htm

21 – Op. Cit. Supra note 18 et 19

22 – E. Julien, La science des extraterrestres, Op. Cit., p.254

23 – Loi n° 64-1326 du 26 décembre 1964 tendant à constater l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité. P. Truche, « La notion de crime contre l’humanité : bilan et propositions », Esprit, 1992.

24 – Les trois théories contractualistes sont celles de Hobbes, Locke et Rousseau.
Selon la théorie de Hobbes (Le léviathan, 1650), l’état de société est rendu nécessaire par l’insécurité de l’état de nature. La nature du contrat social est fondée sur la soumission totale de l’individu à l’Etat, créé par l’homme. L’aliénation des libertés individuelles vient en balance de la garantie de la sécurité accordée à chacun.
Selon Locke (Second Traité du gouvernement civil, 1690), les hommes entrent dans un état civil par un contrat d’association reposant sur le consentement mutuel et un contrat de soumission conditionnel (à la différence de Hobbes qui est une soumission totale), par lesquels les individus abandonnent une partie de leur pouvoir (d’assurer leur propre conservation et de punir quiconque porte atteinte à leur vie) à l’État, en échange de la garantie de la liberté et de la propriété privée.
Selon Rousseau, (Du Contrat Social, 1762), à la différence de Hobbes et de Locke, le contrat social investit le peuple de sa propre souveraineté pour garantir la liberté et l’égalité entre tous les individus. La théorie de Rousseau porte en germe les principes de la démocratie libérale.

25 – J.J. Rousseau, Chapitre VI du Livre I Du Contrat Social.

26 – En référence à Pascal soulignant que l’humanité est comme un seul homme qui apprend toujours.

27 – B. Oppetit, Philosophie du droit, 1ère édition, Paris, Dalloz, 2004, p. 46.

28 – R. Andorno, La bioéthique et la dignité de la personne, Paris, PUF, coll. « Médecine et société », 1997, p. 58 et s. et R.J. Dupuy, L’avenir du droit international de l’environnement, « Introduction », La Haye, Martinus Nijhoff Publishers, 1985, p. 18.

29 – C. Le Bris, L’humanité saisie par le droit international public, Op. Cit. p. 91.

30 – Art. 6 DUDH « Chacun a droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique ».

31 – G.B. Kutudjian, « Le génome humain : patrimoine commun de l’humanité », Hector Gros Espiell airocum liber : personne humaine et droit international, Bruxelles, Bruylant, 1997, vol.1, p. 604 à 607.

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Le GEIPAN et la Divulgation du PENTAGONE

Communiqué de l’Académie d’Ufologie

21 décembre 2017

Dans la foulée de l’amorce de divulgation lancée par le Pentagone, le journal La Croix à publié, le 19 décembre, l’article ayant pour titre:

« A Toulouse, les scientifiques guettent les ovnis« .

Nous l’avons d’abord ressenti comme une tentative du GEIPAN-CNES de s’accrocher à la divulgation lancée aux USA et de vouloir montrer aux citoyens français qu’eux aussi ont des preuves d’interférences de civilisations extraterrestres avec les nôtres.

Mais à la lecture de l’article notre crainte disparait car on retrouve la banalisation habituelle des recherches officielles sur le phénomène ovni. D’ailleurs, à propos du rôle du Geipan, l’article mentionne « Expliquer tout ce qui peut l’être ». L’article montre une volonté de rassurer les autruches scientifiques et politiques et rappelle ainsi que l’embargo sur la vérité en ce qui concerne les ovnis n’est pas prêt d’être levé par le monde politique français.

Après la divulgation, la tentation sera grande au CNES et dans ses administrations de tutelle d’afficher que depuis la création du Gepan en 1977 la France étudie sérieusement le phénomène ovni. Le public pourrait donc ainsi constater la clairvoyance et la persévérance de notre administration scientifique en ce qui concerne le phénomène ovni.

Rappel de quelques faits:
le rapport Poher de juin 1978 concluant qu’il s’agit de machines volantes d’origine inconnue, n’a jamais été publié par le CNES,
le rapport du Comité de Pilotage de février 2010, qui mentionne que l’HET vient naturellement à l’esprit, n’a jamais été publié par le CNES,
aucune affaire étudiée par le Geipan ne propose l’Hypothèse Extraterrestre.

Alors n’oublions pas que pendant 40 ans le GEIPAN-CNES à fait ce qu’il a pu pour banaliser un maximum d’observations d’ovnis. Les autorités de tutelle du GEIPAN-CNES ont été des acteurs du maintien de l’embargo sur la vérité ovni mis en place aux USA en 1947.

Alors « A Toulouse, les scientifiques guettent les ovnis » c’est certain, mais c’est pour les camoufler, ce n’est pas pour informer le public de la réalité extraterrestre.

Note: le GEIPAN-CNES utilise l’abréviation PAN ( correspondant à UAP aux USA), probablement pour tenter de faire oublier les mots ovnis, ufos, ufologie et ufologues, alors nous remplaçons le mot PAN par celui d’OVNI.

Lien vers l’article du Journal La Croix

L’article du New-York Times du 16 décembre 2017

Auras rougeoyantes et « argent noir »
le mystérieux programme U.F.O. du Pentagone.

Helene Cooper, Ralph Blumenthal and Leslie Kean
16 décembre 2017

Source

WASHINGTON – Dans les budgets annuels de 600 milliards de dollars du Ministère de la Défense, les 22 millions de dollars dépensés pour le programme avancé d’identification des menaces aérospatiales étaient presque impossibles à trouver.
C’était ce que voulait le Pentagone.

Pendant des années, le programme a enquêté sur des rapports d’objets volants non identifiés, selon des responsables du Département de la Défense, des interviews avec des participants au programme et des documents obtenus par le New York Times. Il était dirigé par un officier du renseignement militaire, Luis Elizondo, au cinquième étage de l’anneau C du Pentagone, au cœur du labyrinthe du bâtiment.

Le Ministère de la Défense n’a jamais reconnu l’existence du programme, dont il dit qu’il a fermé en 2012. Mais ses partisans disent qu’alors que le Pentagone cessa de le financer à ce moment-là, le programme existe toujours. Au cours des cinq dernières années disent-ils, les responsables du programme ont continué à enquêter sur les pièces qui leur ont été apportées par les militaires, tout en exerçant leurs autres fonctions au sein du Ministère de la Défense.

Le programme de l’ombre, certaines parties restent classifiées, a commencé en 2007 et au départ, il a été financé en grande partie à la demande de Harry Reid, le démocrate du Nevada qui était le chef de la majorité du Sénat à l’époque et qui a longtemps eu un intérêt pour les phénomènes spatiaux. La plus grande partie de l’argent est allée à une société de recherche aérospatiale dirigée par un entrepreneur milliardaire et ami de longue date de Robert Reid, Robert Bigelow, qui travaille actuellement avec la NASA pour produire des vaisseaux extensibles destinés à accueillir les humains dans l’espace.

Sur l’émission « 60 minutes » de CBS, en mai, M. Bigelow a dit qu’il était « absolument convaincu » que les extraterrestres existent et que les ovnis ont visité la Terre.

En collaboration avec la société de M. Bigelow basée à Las Vegas, le programme a produit des documents qui décrivent des observations d’aéronefs qui semblaient se déplacer à des vitesses très élevées, sans aucun signe visible de propulsion ou qui semblaient planer sans aucun moyen apparent de sustentation.

Les responsables du programme ont également étudié des vidéos de rencontres entre des objets inconnus et des avions militaires américains, dont une sortie en août, d’un objet ovale blanchâtre de la taille d’un avion commercial, chassé par deux chasseurs F/A-18F de la Marine du porte-avions Nimitz au large de la côte de San Diego en 2004.
M. Reid, qui a pris sa retraite du Congrès cette année, a dit qu’il était fier du programme. « Je ne suis pas gêné ni honteux ni désolé d’avoir fait bouger les choses », a déclaré M. Reid lors d’une récente interview au Nevada. « Je pense que c’est une des bonnes choses que j’ai faites dans mon service au Congrès. J’ai fait quelque chose que personne n’a fait auparavant. « 

Deux autres anciens sénateurs et les principaux membres d’un sous-comité des dépenses de défense: Ted Stevens, un Républicain de l’Alaska, et Daniel K. Inouye, un Démocrate d’Hawaï, ont également appuyé le programme. M. Stevens est décédé en 2010 et M. Inouye en 2012.
Sara Seager, astrophysicienne au M.I.T., a souligné que le fait de ne pas connaître l’origine d’un objet ne signifie pas qu’il provienne d’une autre planète ou galaxie. « Quand les gens prétendent observer des phénomènes vraiment inhabituels, il vaut parfois la peine d’enquêter sérieusement », a-t-elle dit. Mais, a-t-elle ajouté, « ce que les gens n’apprennent parfois pas à propos de la science, c’est que nous avons souvent des phénomènes qui restent inexpliqués ».

James E. Oberg, un ancien ingénieur de la navette spatiale de la NASA et auteur de 10 livres sur les vols spatiaux, qui démystifient souvent les observations d’ovnis, doutait également. « Il y a beaucoup d’événements prosaïques et de traits perceptuels humains qui peuvent expliquer ces histoires », a déclaré M. Oberg. « Beaucoup de gens sont actifs dans l’air et ne veulent pas que les autres le sachent. Ils sont heureux de se cacher dans le bruit, ou même de camoufler l’évènement. « 
Pourtant, M. Oberg a dit qu’il a bien accueilli cette recherche. « Il pourrait bien y avoir là une perle », a-t-il dit.

En réponse aux questions du Times, les responsables du Pentagone ont reconnu ce mois-ci l’existence du programme, qui a débuté dans le cadre de la Defense Intelligence Agency. Les fonctionnaires ont insisté sur le fait que le programme avait pris fin après cinq ans, en 2012.

« Il a été déterminé qu’il y avait d’autres questions prioritaires qui méritaient un financement et il était dans l’intérêt du Département de la Défense de faire un changement », a déclaré Thomas Crosson, un porte-parole du Pentagone, dans un courriel au Département de la Défense.

Mais M. Elizondo a déclaré que la seule chose qui avait pris fin était le financement gouvernemental du programme, qui s’est tari en 2012. Depuis lors, M. Elizondo a déclaré dans une interview, qu’il a travaillé avec des fonctionnaires de la Marine et la C.I.A. Il a continué à travailler dans son bureau du Pentagone jusqu’en octobre dernier, date à laquelle il a démissionné pour protester contre ce qu’il qualifiait de secret excessif et d’opposition interne.

« Pourquoi ne consacrons-nous pas plus de temps et d’efforts à cette question? », a écrit M. Elizondo dans une lettre de démission au secrétaire à la Défense Jim Mattis.

M. Elizondo a dit que le travail continuait et qu’il avait un successeur, qu’il a refusé de nommer.
Les ovnis ont été étudiés à plusieurs reprises au cours des décennies aux États-Unis, y compris par l’armée américaine. En 1947, l’Armée de l’Air a commencé une série d’études qui ont enquêté sur plus de 12 000 ovnis. Le projet, qui comprenait une étude intitulée « Project Blue Book », a débuté en 1952 et conclu que la plupart des observations portaient sur des étoiles, des nuages, des avions conventionnels ou des avions espions, bien que 701 restaient inexpliqués.

Robert C. Seamans Jr., le secrétaire de l’armée de l’air à l’époque, a déclaré dans un mémorandum annonçant la fin du projet Blue Book qu’il « ne peut plus être justifié ni pour des raisons de sécurité nationale ni dans l’intérêt de la science. « 

M. Reid a déclaré que son intérêt pour les ovnis provenait de M. Bigelow. En 2007, M. Reid a déclaré dans l’interview que M. Bigelow lui a dit qu’un fonctionnaire de la Defense Intelligence Agency l’avait approché car il voulait visiter le ranch de M. Bigelow dans l’Utah, où il a mené des recherches.

M. Reid a dit qu’il avait rencontré des représentants de l’agence peu de temps après sa rencontre avec M. Bigelow et avait appris qu’ils voulaient lancer un programme de recherche sur les ovnis. M. Reid a ensuite convoqué M. Stevens et M. Inouye dans une pièce sécurisée du Capitole.

« J’avais parlé à John Glenn un certain nombre d’années auparavant », a déclaré M. Reid, se référant à l’astronaute et ancien sénateur de l’Ohio, décédé en 2016. M. Glenn, a déclaré M. Reid, lui avait dit qu’il pensait que le gouvernement fédéral devrait se pencher sérieusement sur les ovnis et devrait parler aux militaires, en particulier les pilotes, qui ont signalé avoir vu des avions qu’ils ne pouvaient pas identifier ou expliquer.

Selon M. Reid, les observations n’étaient pas souvent signalées dans la chaîne de commandement de l’armée, car les membres du service craignaient d’être ridiculisés ou stigmatisés.

La réunion avec M. Stevens et M. Inouye, a déclaré M. Reid, « a été l’une des réunions les plus faciles à laquelle j’ai participé. »

Il a ajouté: « Ted Attenson m’a dit: J’attendais de le faire depuis que j’étais dans l’armée de l’air ». Le sénateur de l’Alaska avait été pilote dans l’armée de l’air, effectuant des missions de transport au-dessus de la Chine pendant la Seconde Guerre mondiale
.
Au cours de la réunion, M. Reid a déclaré que M. Stevens a raconté avoir été suivi par un avion étrange sans origine connue, qui avait suivi son avion sur des kilomètres.

Aucun des trois sénateurs ne souhaitait un débat public sur le financement du programme par le Sénat, a déclaré M. Reid. « C’était de l’argent noir », a-t-il dit. « Stevens le sait, Inouye le sait. Mais c’était tout et c’est ainsi que nous le voulions ». M. Reid parlait du budget du Pentagone pour les programmes classifiés.

Les contrats obtenus par le Times montrent une affectation du Congrès d’un peu moins de 22 millions de dollars à partir de la fin de 2008 jusqu’en 2011. L’argent a été utilisé pour la gestion du programme, la recherche et les évaluations de la menace posée par les objets.

Le financement a été versé à la compagnie de M. Bigelow, Bigelow Aerospace, qui a engagé des sous-traitants et a sollicité des recherches pour le programme.

Sous la direction de M. Bigelow, l’entreprise a modifié des bâtiments à Las Vegas pour le stockage d’alliages métalliques et d’autres matériaux que M. Elizondo et les entrepreneurs du programme ont déclaré « avoir été récupérés à partir de phénomènes aériens non identifiés ». Les chercheurs ont également étudié des personnes qui ont déclaré avoir éprouvé des effets physiques à la suite de rencontres avec les objets. Ils les ont examinées pour analyser tout changement physiologique. En outre, les chercheurs ont parlé aux militaires qui avaient signalé des observations d’avions étranges.

« Nous sommes en quelque sorte dans la situation de ce qui se passerait si vous donniez une télécommande d’ouverture de porte de garage à Léonard de Vinci » a déclaré Harold E. Puthoff, un ingénieur qui a mené des recherches sur la perception extrasensorielle pour le C.I.A. et plus tard travaillé comme un entrepreneur pour le programme. « Tout d’abord, il essaierait de comprendre ce qu’est ce truc en plastique. Il ne saurait rien des signaux électromagnétiques impliqués ou de sa fonction. « 

Le programme a recueilli des enregistrements vidéo et audio d’incidents ovnis, y compris des images d’un Super Hornet F/A-18 de la Marine montrant un aéronef entouré d’une sorte d’aura rougeoyante se déplaçant à haute vitesse et tournant à mesure qu’il se déplace. Les pilotes peuvent être entendus essayant de comprendre ce qu’ils voient. « Il y en a toute une flotte », s’exclame-t-on. Les responsables de la défense ont refusé de divulguer le lieu et la date de l’incident.

« Au niveau international, nous sommes le pays le plus arriéré du monde sur cette question », a déclaré M. Bigelow dans une interview. « Nos scientifiques ont peur d’être ostracisés et nos médias ont peur de la stigmatisation. La Chine et la Russie sont beaucoup plus ouvertes et travaillent avec de grandes organisations dans leurs pays. Les pays plus petits comme la Belgique, la France, l’Angleterre et les pays d’Amérique du Sud comme le Chili sont aussi plus ouverts. Ils sont proactifs et disposés à discuter de ce sujet, plutôt que d’être retenus par un tabou juvénile. « 

En 2009, M. Reid a décidé que le programme avait fait des découvertes si extraordinaires qu’il a plaidé en faveur d’une sécurité accrue pour le protéger. « De nombreux progrès ont été réalisés avec l’identification de plusieurs découvertes aéronautiques non conventionnelles très sensibles », a déclaré M. Reid dans une lettre adressée à William Lynn III, secrétaire adjoint à la Défense de l’époque, demandant à ce que programme soit désigné comme « programme spécial à accès restreint » et limité à quelques fonctionnaires listés.

Un résumé du programme du Pentagone préparé en 2009 par son directeur affirmait que « ce qui était considéré comme de la science fiction est maintenant un fait scientifique » et que les États-Unis étaient incapables de se défendre contre certaines des technologies découvertes. La demande de M. Reid pour la désignation spéciale a été refusée.
M. Elizondo, dans sa lettre de démission du 4 octobre, a déclaré qu’il était nécessaire d’accorder une attention plus sérieuse aux « nombreux rapports de la Marine et autres services concernant des systèmes aériens inhabituels interférant avec les plates-formes militaires et affichant des capacités au-delà de la prochaine génération ». Il a exprimé sa frustration face aux limites imposées au programme, disant à M. Mattis « qu’il reste un besoin vital de vérifier la capacité et l’intention de ces phénomènes dans l’intérêt des forces armées et de la nation ».

M. Elizondo a maintenant rejoint M. Puthoff et un autre ancien fonctionnaire du Ministère de la Défense, Christopher K. Mellon, qui était sous-secrétaire adjoint à la défense pour les renseignements, dans une nouvelle entreprise commerciale appelée Académie des Arts et des Sciences. Ils parlent publiquement de leurs efforts alors que leur entreprise vise à recueillir des fonds pour la recherche sur les États-Unis.

Dans l’interview, M. Elizondo a déclaré que lui et ses collègues du gouvernement avaient déterminé que les phénomènes qu’ils avaient étudiés ne semblaient provenir d’aucun pays. « Ce n’est pas quelque chose qu’un gouvernement ou une institution devrait classifier afin de le garder secret envers la population » a-t-il dit.

Pour sa part, M. Reid a dit qu’il ne savait pas d’où venaient les objets. « Si quelqu’un dit avoir les réponses maintenant, il se trompe », a-t-il dit. « Nous ne savons pas. »
Mais, a-t-il dit, « nous devons commencer quelque part ».

Une version imprimée de cet article a été publiée le 17 décembre 2017, Page A1 de l’édition de New York avec le titre: « Real U.F.O.’s? Pentagon Unit Tried to Know ».

Traduction Jacky Kozan, le 27 juillet 2018